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La crise mondiale est prête. La bulle a atteint la phase « poulet frit ». Quand arrive le crash ?

Publié le 31 octobre 2025 à 23h02. L'engouement pour l'intelligence artificielle (IA) atteint des sommets, illustré par une scène insolite à Séoul où des dirigeants de géants technologiques sud-coréens savourent un repas de poulet frit, tandis que des…

La crise mondiale est prête. La bulle a atteint la phase « poulet frit ». Quand arrive le crash ?

Publié le 31 octobre 2025 à 23h02. L’engouement pour l’intelligence artificielle (IA) atteint des sommets, illustré par une scène insolite à Séoul où des dirigeants de géants technologiques sud-coréens savourent un repas de poulet frit, tandis que des avertissements se multiplient quant à une possible bulle spéculative.

  • L’action NVIDIA a franchi la barre des 5 000 milliards de dollars de capitalisation boursière, alimentant les inquiétudes.
  • Un simple repas de poulet frit partagé par des milliardaires a provoqué une flambée des actions de sociétés liées à la volaille et à la robotique.
  • Morgan Stanley met en garde contre des pratiques financières opaques et des accords de partage de revenus qui masquent la véritable santé économique du secteur de l’IA.

L’euphorie autour de l’intelligence artificielle continue de croître, mais des signaux d’alerte se multiplient. Récemment, une photographie devenue virale sur les réseaux sociaux a capturé le PDG de NVIDIA, Jensen Huang, en compagnie du président de Samsung Electronics, Jay Y. Lee, et du président exécutif de Hyundai Motor, Chung Euisun, dégustant du poulet frit dans un restaurant de Séoul, Kkanbu Chicken. Cet événement anodin a eu des conséquences inattendues sur les marchés financiers.

Si l’attention reste focalisée sur la bourse de New York, où NVIDIA a atteint une capitalisation record de 5 000 milliards de dollars, les investisseurs s’interrogent sur la date d’un éventuel krach, selon le Financial Times. L’image du repas de poulet frit a paradoxalement stimulé l’intérêt pour les entreprises susceptibles de bénéficier de cet engouement pour l’IA.

Bien que Kkanbu Chicken ne soit pas cotée en bourse, son concurrent Kyochon F&B Co. a vu ses actions brièvement augmenter de 20 % vendredi, suite à la diffusion massive des photos et vidéos sur les réseaux sociaux. Cherrybro Co., un transformateur coréen de volaille, a également enregistré une hausse de 30 %, avec un volume d’échanges multiplié par 200 par rapport à la moyenne. Neuromeka Co., une société cotée au Kosdaq spécialisée dans la fabrication de robots pour la cuisson du poulet, a également profité de cette tendance.

Selon Bloomberg, ce phénomène reflète en partie un comportement des investisseurs sud-coréens, qui semblent attribuer une valeur excessive à tout ce qui est associé à l’IA, même de manière ténue. L’exemple de Bloom Energy, fabricant de piles à combustible, illustre cette tendance : son titre a augmenté de près de 500 % en 2025, avant de connaître une nouvelle flambée ce mois-ci, portant son gain sur 12 mois à 1 166 %. L’entreprise est désormais valorisée à plus de 30 milliards de dollars, un montant comparable à celui de H&M et supérieur à celui de United Airlines, ArcelorMittal, KraftHeinz ou Vodafone, malgré des bénéfices avant impôts prévus de seulement 83,5 millions de dollars cette année.

La plus grande banque du monde met en garde

Les analystes de Morgan Stanley ont également souligné que l’industrie de l’IA est devenue « de plus en plus circulaire », avec des fournisseurs finançant leurs clients, ces derniers investissant dans les fournisseurs, et des accords de partage des revenus entre les deux parties. Morgan Stanley a noté que « la nature et la complexité de ces transactions rendent difficile pour les investisseurs de comprendre la véritable économie » :

Les fournisseurs financent les opérations de leurs clients par le biais de prises de participation. Ce financement permet à d’autres fournisseurs vendant au même client d’en assumer davantage, renforçant ainsi les flux de trésorerie de leurs clients. Cet effet en cascade favorise le développement ultérieur des capacités. Ces accords de financement augmentent le pouvoir d’achat des clients au-delà de ce que leurs propres profils de trésorerie pourraient supporter.

Une forte concentration de la clientèle amplifie à la fois le risque de paiement des contreparties et le risque de croissance des revenus, qui dépend en fin de compte du succès des efforts de monétisation de l’IA.

La qualité des revenus et la demande globale d’IA sont éclipsées par les accords de partage des revenus entre les principaux acteurs, qui peuvent permettre aux parties d’enregistrer les mêmes revenus selon les normes comptables américaines (US GAAP).

Les accords de report peuvent gonfler la demande en transférant le risque vers le fournisseur. Les investisseurs doivent également surveiller les sources de financement nouvelles et innovantes et les transactions hors bilan, qui peuvent accroître l’opacité des risques et des récompenses.

Morgan Stanley a même publié il y a quelques semaines un graphique axé sur OpenAI pour illustrer ce phénomène. Il est difficile de prédire quand la « bulle de l’IA » éclatera, mais la Banque d’Angleterre a averti qu’une forte correction des marchés pourrait entraîner des chocs économiques mondiaux.

Malgré l’enthousiasme généralisé, un rapport de JP Morgan identifie plusieurs domaines qu’il surveille à la recherche de signes de surinvestissement ou d’exubérance. La société a constaté que l’adoption de l’IA aux États-Unis a augmenté de 60 % au cours de l’année écoulée, mais seulement 9,1 % des entreprises déclarent utiliser activement cette technologie pour produire un bien ou un service. Le directeur de JP Morgan, Jamie Dimon, a déclaré que les actions liées à l’IA se situaient « quelque part sur le territoire d’une bulle spéculative ».

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.