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Hébergement local. « Les inscriptions fantômes alimentent le récit de la pression sur le logement », souligne l’AHRESP

Publié le 2024-02-29 10:30:00. Une vaste opération de mise à jour des registres d'hébergement local au Portugal va éliminer plus de 40 000 annonces inactives, une initiative saluée par les professionnels du secteur comme un moyen de clarifier…

Hébergement local. « Les inscriptions fantômes alimentent le récit de la pression sur le logement », souligne l’AHRESP

Publié le 2024-02-29 10:30:00. Une vaste opération de mise à jour des registres d’hébergement local au Portugal va éliminer plus de 40 000 annonces inactives, une initiative saluée par les professionnels du secteur comme un moyen de clarifier la situation et de relancer un marché essentiel pour le tourisme.

  • Plus de 40 000 enregistrements d’hébergements locaux au Portugal seront supprimés du registre national car inactifs, inexistants ou avec une activité négligeable.
  • Les acteurs du secteur estiment que cette mise à jour permettra d’obtenir des données plus fiables et de réduire la pression sur le marché du logement.
  • Le processus devrait être achevé d’ici début 2026, après des retards liés à la législation récente et aux élections locales.

Le secteur de l’hébergement local au Portugal est sur le point de connaître une transformation significative. Une opération de « nettoyage » des registres, initiée en mars dernier mais ralentie par divers facteurs, va aboutir à la suppression de plus de 40 000 annonces d’hébergements qui ne sont pas actives, qui n’ont jamais existé ou dont l’activité est quasiment nulle. Cette initiative est perçue comme une étape cruciale pour obtenir une vision plus précise de la réalité du marché et pour apaiser les tensions liées à l’accès au logement.

Ana Jacinto, secrétaire générale de l’AHRESP (Associação da Hotelaria Restauração e Similares de Portugal), souligne l’importance de cette mise à jour.

« Cette distorsion a des effets pratiques importants. Elle gonfle artificiellement le nombre total d’établissements d’hébergement locaux, alimentant les discours selon lesquels il y aurait une pression excessive sur le logement. »

Ana Jacinto, secrétaire générale de l’AHRESP

Elle explique que ces inscriptions inactives contribuent à une image exagérée du secteur et ont pu influencer l’élaboration de réglementations basées sur des données erronées.

Selon les chiffres actuellement disponibles, le Portugal compte 125 000 enregistrements d’hébergements locaux. Après cette mise à jour, ce nombre devrait être ramené à environ 85 000. L’AHRESP avait déjà alerté sur ce problème de données obsolètes, qui faussent la perception de l’importance réelle de l’hébergement local dans le paysage touristique portugais.

Eduardo Miranda, président de l’ALEP (Association locale d’hébergement au Portugal), confirme que le processus a été entravé par la loi « Plus de logement », jugée mal conçue et source d’illégalités.

« Fin 2023, avec la loi ‘Plus de logement’ mal conçue et pleine d’illégalités, le système ne fonctionnait pas et cela empêchait les conseils municipaux de le nettoyer. »

Eduardo Miranda, président de l’ALEP

Il précise que l’ALEP a travaillé avec le gouvernement pour mettre en place un système de validation des inscriptions, basé sur la présentation d’une assurance responsabilité civile.

La première phase de la mise à jour, qui s’est déroulée de mars à juin, a permis d’identifier les établissements qui n’avaient pas souscrit cette assurance. Un délai a été accordé pour régulariser leur situation, mais le processus a été retardé par la proximité des élections locales, qui ont empêché les municipalités de procéder aux annulations définitives. Le processus devrait donc s’étaler jusqu’à la fin de l’année ou au début de l’année 2026.

À Lisbonne, par exemple, le nombre d’inscriptions devrait passer d’environ 19 000 à 11 000 ou 12 000. Pour Eduardo Miranda, cette correction des données est essentielle pour rétablir une vision réaliste de l’hébergement local dans la capitale.

« Cela ne changera peut-être même pas les règles en vigueur, mais toute la discussion selon laquelle 60% des maisons à Santa Maria Maior sont des logements locaux, va maintenant devenir claire que c’était absolument un mensonge. »

Eduardo Miranda, président de l’ALEP

Au-delà de l’impact sur le tourisme, cette mise à jour des registres permettra d’ajuster la réglementation et de créer un environnement plus favorable à l’émergence de nouvelles entreprises dans le secteur de l’hébergement local. L’hébergement local représente déjà 42% des nuitées touristiques au Portugal et joue un rôle important dans la création d’emplois et le développement économique des communautés locales.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.