Denver a vibré au rythme des rires ce dimanche, alors que deux figures emblématiques de la comédie américaine, David Zucker et Robert Hays, sont venues partager les coulisses du film culte des années 1980, « Y a-t-il un pilote dans l’avion ? ». Retour sur les anecdotes savoureuses d’un tournage aussi chaotique que génial.
Le film, né de l’imagination de David Zucker, Jim Abrahams et Jerry Zucker, continue de faire mouche 45 ans après sa sortie, et peut-être même davantage à une époque où les comédies débridées se font rares sur grand écran. Zucker et Hays, l’interprète de Ted Striker, ont évoqué leurs souvenirs lors d’une projection spéciale au Paramount Theater de Denver, révélant un esprit comique toujours aussi vif chez Zucker et un talent de conteur surprenant chez Hays.
Les discussions ont notamment porté sur les choix de casting cruciaux. Hays a su incarner avec justesse l’ancien pilote tourmenté, jouant le rôle avec un sérieux désarmant face à l’absurdité ambiante. Julie Hagerty, quant à elle, a ébloui par sa présence délicate et son timing comique parfait dans le rôle de l’ancienne flamme de Ted. Il est difficile d’imaginer d’autres acteurs dans ces rôles.
Pourtant, Hagerty a failli ne pas obtenir le rôle d’Elaine, l’hôtesse de l’air chargée de sauver les passagers après la maladie de l’équipage. Shelley Long et Sigourney Weaver étaient également en lice. Zucker a révélé que Weaver s’était présentée à l’audition vêtue d’un uniforme d’hôtesse des années 1940, mais l’équipe créative a su dès la première rencontre avec Hagerty qu’elle avait trouvé sa perle rare.
Le casting de Ted Striker s’est avéré encore plus complexe. Le studio souhaitait initialement un comédien confirmé, du genre Bill Murray ou Chevy Chase. Zucker s’y est fermement opposé, préférant des acteurs non spécialisés dans la comédie, capables d’aborder le rôle sans en faire trop. « Leslie Nielsen est l’exemple parfait », a-t-il souligné, rappelant la seconde carrière réussie de l’acteur dans les comédies loufoques, notamment la trilogie « Y a-t-il un flic pour sauver la veuve ? ».
Avant Hays, plusieurs noms inattendus ont été envisagés : Barry Manilow, David Letterman et même Bruce Jenner. Letterman, soulagé de ne pas avoir été retenu, avait reconnu que le jeu d’acteur n’était pas sa tasse de thé. Quant à Jenner, son casting aurait été envisagé à une époque où Hollywood avait l’habitude de faire appel à des sportifs pour des rôles au cinéma et à la télévision.
Zucker a rendu hommage à cette tendance d’une manière originale en engageant Kareem Abdul-Jabbar, la star des Lakers de Los Angeles, pour incarner l’un des pilotes. Une décision qui a pris une tournure encore plus amusante lorsque l’athlète a brisé le personnage en plein milieu du film.
D’autres anecdotes croustillantes ont été partagées au cours de cette soirée. La mère de Zucker, Charlotte Zucker, actrice elle-même, a interprété la femme tentant de se maquiller pendant les turbulences de l’avion. Hays a évoqué une conversation avec John Travolta au sujet du projet, mais n’a jamais pu lui dévoiler les détails de la scène de danse disco emblématique, Travolta étant alors en plein tournage de « Urban Cowboy ».
Le film s’inspire librement de « Zero Hour », un drame peu connu de 1957 avec Dana Andrews, dont le personnage principal, Ted Stryker, a servi de base à celui incarné par Hays. Peter Graves, quant à lui, avait initialement mal pris son rôle de pilote passionné par les films de gladiateurs, allant jusqu’à jeter le scénario au sol, selon Zucker. L’acteur a finalement embrassé l’absurdité du personnage, allant même jusqu’à taquiner les parents de Hays sur les préférences de son personnage lors de la première du film.