Publié le 4 novembre 2025. La publicité de Noël de John Lewis, tradition britannique annuelle, continue de sortir malgré un contexte médiatique et des habitudes de consommation en pleine mutation, suscitant un mélange de nostalgie et de questionnement sur sa pertinence actuelle.
- La nouvelle publicité met en scène un fils offrant à son père un vinyle, déclenchant un voyage dans le temps à travers les souvenirs musicaux.
- L’opération marketing, lancée dix jours plus tôt que l’année précédente, s’inspire de références cinématographiques populaires comme Love Actually et Aftersun.
- L’article interroge la pertinence de maintenir des traditions obsolètes dans un monde dominé par le numérique et les flux en continu.
La publicité de Noël de John Lewis, autrefois un événement culturel majeur au Royaume-Uni, semble de plus en plus déconnectée de la réalité contemporaine. Alors que les traditions ont souvent une longévité qui dépasse leur utilité initiale – les feux de joie transformés en pique-niques champêtres, les sonneries d’église remplacées par des notifications WhatsApp – la publicité de John Lewis persiste, malgré un paysage médiatique radicalement transformé.
Il y a encore quelques années, le dévoilement de cette publicité était un moment attendu, capable de susciter l’émotion à grande échelle. Aujourd’hui, dans un monde où les enfants comparent la télévision à une chaîne YouTube sans fonction de recherche et les grands magasins à des Amazon physiques, la publicité de John Lewis apparaît comme un vestige d’une autre époque.
La campagne de cette année ne déroge pas à la règle. Un fils offre à son père un vinyle du tube house « Where Love Lives » d’Alison Limerick. La musique transporte le père dans une rêverie, où il retrouve son fils à différents âges. La chanson, ensuite, est revisitée dans une version plus lente et mélancolique. L’ensemble évoque un mélange entre le film Love Actually, notamment la scène où Alan Rickman offre un CD de Joni Mitchell à Emma Thompson, et le film Aftersun, avec ses moments de danse euphoriques.
L’article souligne que la publicité peut résonner différemment selon les générations. Pour les pères, elle peut évoquer la prise de conscience de leur propre vieillissement et de la perte de leur jeunesse. Pour les fils, elle peut symboliser la reconnaissance de leur père en tant qu’individu à part entière, avec ses propres goûts et désirs.
Mais au-delà de ces interprétations, la publicité soulève une question plus fondamentale : pourquoi s’accrocher à des formats et des supports qui semblent dépassés ? Pourquoi acheter un vinyle dans un magasin physique alors qu’il serait plus simple d’écouter la chanson sur Spotify ou de partager un flux TikTok ? Pour la génération Z et les plus jeunes, l’ensemble pourrait ressembler à une relique d’un concours technologique obsolète.
L’article conclut sur une note ironique, suggérant que l’année prochaine, John Lewis pourrait aller encore plus loin dans l’anachronisme, en diffusant sa publicité sous forme de phénakisticope lors d’un échange de biens agricoles. Malgré le cynisme ambiant, il y a une certaine poésie à s’attacher aux traditions, même celles qui ne sont plus utiles. Un objet tangible restera toujours plus spécial qu’un flux numérique, et une visite en boutique sera toujours plus mémorable qu’un simple clic sur un site web. Et le simple fait de parler encore d’une publicité télévisée, même dans la presse écrite – la technologie la plus obsolète de toutes – témoigne de sa persistance culturelle.
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