Publié le 4 novembre 2025 à 16h21. Telefónica a annoncé ce mardi son retrait définitif du marché vénézuélien, mettant fin à plus de vingt ans de présence dans un pays confronté à une crise économique et politique persistante. Cette décision s’inscrit dans une stratégie de désinvestissement plus large en Amérique latine.
- Telefónica confirme son départ du Venezuela après des années de difficultés opérationnelles liées à l’inflation, aux contrôles monétaires et à l’instabilité juridique.
- Ce retrait fait partie d’un plan de restructuration visant à concentrer les activités de l’opérateur sur l’Espagne, l’Allemagne, le Royaume-Uni et le Brésil.
- L’entreprise a déjà cédé ses activités en Argentine, au Pérou et en Colombie et prévoit de faire de même au Venezuela, au Chili et au Mexique.
L’annonce a été faite par Marc Murtra, président exécutif de Telefónica, lors de la présentation des résultats du troisième trimestre et de la Journée des marchés financiers à Madrid. Cette décision intervient quelques mois seulement après que le président de Telefónica Venezuela, José Luis Rodríguez Zarco, ait publiquement exclu toute possibilité de vente de la filiale.
En effet, lors de la Foire internationale technologique vénézuélienne (Fitelven) à Caracas, M. Rodríguez Zarco avait déclaré :
« Personne ne m’a parlé de la possibilité de vendre l’opérateur au Venezuela. Je le dis honnêtement. Sinon, je serais le premier surpris si cela se produisait. »
José Luis Rodríguez Zarco, président de Telefónica Venezuela
Il avait même ajouté :
« Tant que je serai là, il ne sera pas vendu. »
José Luis Rodríguez Zarco, président de Telefónica Venezuela
et souligné que toute opération nécessiterait l’approbation des autorités de régulation vénézuéliennes.
Telefónica justifie son retrait par l’instabilité économique et réglementaire du Venezuela, un environnement qualifié d’« imprévisible » par les experts financiers. L’opérateur, qui opère sous la marque Movistar Venezuela, a vu ses activités se réduire drastiquement ces dernières années et estime avoir subi des pertes supérieures à un milliard d’euros en raison de la dévaluation du bolivar.
Ce départ s’inscrit dans une stratégie plus large de désinvestissement en Amérique latine. Telefónica souhaite désormais concentrer ses efforts sur quatre marchés clés : l’Espagne, l’Allemagne, le Royaume-Uni et le Brésil. Au cours des derniers mois, l’entreprise a déjà finalisé la vente de ses activités en Argentine pour 1,2 milliard d’euros, au Pérou pour 900 millions d’euros et en Colombie pour 370 millions d’euros. Marc Murtra a clairement indiqué son intention de répéter l’opération au Venezuela, au Chili et au Mexique, sans toutefois avancer d’échéance précise pour ces deux derniers pays.
Telefónica estime que l’avenir de l’entreprise repose sur le renforcement de sa position en Europe, où elle observe une fragmentation du marché avec 38 opérateurs pour 593 millions d’habitants, comparé aux 3 opérateurs pour 340 millions de personnes aux États-Unis et aux 3 opérateurs pour 1,409 milliard de personnes en Chine. L’opérateur reste donc attentif aux opportunités de consolidation sur le continent européen.
Ce repositionnement stratégique s’accompagne de l’annonce d’un nouveau plan stratégique quinquennal, axé sur la croissance, la création de valeur à long terme, le renforcement du leadership sur les marchés clés et l’adaptation aux évolutions technologiques. Plus d’informations sur le plan stratégique de Telefónica jusqu’en 2030.