Bordeaux fait face à une crise financière grandissante, marquée par une dette publique en forte augmentation et des coupes budgétaires qui menacent les services publics. L’opposition dénonce une gestion déficiente, tandis que la majorité défend ses choix d’investissement.
Le projet de loi de finances pour 2026 pourrait entraîner un manque à gagner de 7,8 millions d’euros pour la commune, selon le maire Pierre Hurmic, qui dénonce une
« logique d’assèchement méthodique des ressources des collectivités locales ». Il souligne que le contexte national est celui d’un creusement important du déficit public de l’État, qui dépasse les 3 400 milliards d’euros, alors que les collectivités locales ne représentent que 8 % de la dette publique nationale.
Claudine Bichet, quant à elle, affirme que la situation financière de la ville reste sous contrôle, avec un taux d’épargne brute autour de 8 % et une capacité de désendettement estimée à 10,5 ans l’an prochain. Elle met en avant les investissements réalisés :
« On a voulu faire de l’investissement une ‘top priorité’, on aura investi 115 millions d’euros en moyenne annuelle, soit 30 de plus que lors du précédent mandat ». Les dépenses de fonctionnement devraient atteindre 450 millions d’euros en 2026, contre 434 millions en 2025, tandis que les dépenses d’investissement s’établiraient à 115 millions d’euros. Les recettes prévisionnelles pour 2026 s’élèvent à 492 millions d’euros, dont 311 millions provenant de la fiscalité locale et environ 36 millions de dotations de l’État.
L’opposition conteste cette vision optimiste. Nathalie Delattre, candidate aux élections municipales, critique vivement la gestion actuelle :
« Vous avez fragilisé l’héritage reçu. En 2020, la Chambre des comptes avait constaté une situation saine. Aujourd’hui, tous les ratios se sont dégradés. » Elle pointe une augmentation de la dette, passant de 250 à 478 millions d’euros prévus en 2027, soit une hausse de 79 %, et une détérioration de la capacité de désendettement, passée de quatre à dix ans. Le coût du remboursement de la dette devrait également doubler, passant de 6 millions d’euros en 2024 à 14 millions en 2028.
Thomas Cazenave, également candidat aux élections de 2026, accuse la majorité de vouloir masquer la réalité financière.
« Ce n’est pas moi, c’est l’autre ! » ironise-t-il, avant d’ajouter : « Sous votre mandat la dette aura progressé de + 70 %, il n’y aura plus de capacités à investir car plus d’épargne disponible. » Il dénonce également un manque de transparence dans la présentation des prévisions d’investissement, qui sont passées d’un détail chiffré de près de 350 lignes jusqu’en 2023 à un simple diaporama aujourd’hui. Bordeaux ensemble a déposé un recours devant le tribunal administratif pour obtenir le détail du plan pluriannuel des investissements.
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