Home Affairesun avenir menacé par la dette et le vieillissement

un avenir menacé par la dette et le vieillissement

by Amélie Bernard

Publié le 5 novembre 2025 à 06h00. Un rapport alarmant du ministère des Finances irlandais prévoit une forte augmentation de la dette nationale et une baisse des recettes fiscales dans les décennies à venir, en raison du vieillissement de la population et de l’évolution démographique.

  • D’ici 2065, la dette nationale pourrait atteindre 1,5 fois le revenu national irlandais, soit environ 117 000 euros par habitant.
  • Le rapport met en garde contre un déficit budgétaire croissant, atteignant potentiellement 8 % du revenu national.
  • Le vieillissement de la population et la diminution du nombre de travailleurs par rapport aux chômeurs sont pointés du doigt comme les principaux facteurs de cette situation.

Les conclusions d’une analyse prospective sur les 40 prochaines années, commandée par l’État et menée par la Commission de la fiscalité, ont été rendues publiques hier. Les fonctionnaires ayant rédigé ce document qualifient leurs résultats de “bruts”, soulignant la gravité de la situation financière potentielle de l’Irlande. Le ministre des Finances, Paschal Donohoe, a salué le travail de la commission tout en reconnaissant que certains scénarios présentés étaient “vraiment alarmants”.

L’étude se penche sur les mutations démographiques et leurs conséquences sur l’économie et la société irlandaise. Elle prévoit une augmentation significative de la population âgée et une diminution des recettes fiscales d’ici 2065. Cette évolution démographique entraînera une augmentation considérable de la dette nationale, qui pourrait atteindre 117 000 euros par personne, soit 1,5 fois le revenu national. Le rapport alerte également sur un creusement du déficit budgétaire, qui pourrait atteindre 8 % du revenu national.

Selon le rapport, ces chiffres alarmants pourraient dissuader les investisseurs sur les marchés obligataires de continuer à prêter de l’argent à l’Irlande, mettant ainsi en péril la stabilité financière du pays. L’analyse est basée sur l’hypothèse d’une absence de changement de politique gouvernementale, une approche délibérée visant à inciter les décideurs politiques à agir rapidement.

L’évolution du marché du travail est également scrutée. Actuellement, 116 personnes actives soutiennent 100 personnes inactives en Irlande. D’ici 2065, ce ratio devrait s’inverser, avec seulement 98 travailleurs pour 100 chômeurs. Le rapport souligne que « le vieillissement de la population irlandaise devrait entraîner une stagnation de la population active, ce qui freinera la croissance économique, augmentera le taux de dépendance et mettra à rude épreuve les finances publiques ». Il insiste sur la nécessité de maintenir un flux migratoire important pour compenser cette diminution de la population active.

Outre les défis démographiques, le rapport met en évidence l’augmentation des coûts liés à la dette nationale, qui se traduira par des intérêts plus élevés pour l’État, des dépenses qui n’apportent que peu d’avantages directs aux citoyens. Les coûts liés au changement climatique, exacerbés par des événements météorologiques extrêmes, et la nécessité d’investir dans la décarbonation, pèsent également sur les finances publiques.

La crise du logement, selon le rapport, devrait persister jusqu’aux années 2040, à moins que l’objectif ambitieux du gouvernement actuel de construire 300 000 logements d’ici 2030 ne soit atteint. Un objectif que de nombreux membres de l’opposition jugent irréaliste.

Interrogé hier sur les mesures prises par la coalition gouvernementale pour répondre aux préoccupations soulevées par le rapport, Paschal Donohoe a souligné les excédents budgétaires actuels, les investissements dans des fonds d’épargne à long terme et dans les infrastructures. Il a également annoncé le lancement en janvier d’un système d’épargne retraite automatique, qui devrait améliorer les prestations de retraite des travailleurs.

Le ministère des Finances a rendu un service important à l’État en présentant une évaluation honnête et sans concession de la situation. La réalité, selon les experts, est que les futurs gouvernements devront inévitablement augmenter les impôts pour faire face à l’augmentation des dépenses publiques, un message qui risque de ne pas être populaire auprès de l’électorat.

En savoir plus: L’Irlande confrontée à une baisse des recettes fiscales à mesure que la population vieillit (rapport)

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.