Chicago est au cœur d’une bataille judiciaire concernant les méthodes employées par les agents fédéraux de l’immigration. Un juge examinera mercredi les allégations de recours à la force excessive lors d’interventions dans la région, alors que plusieurs plaintes dénoncent des confrontations musclées entre les forces de l’ordre et les habitants.
À retenir
- Une juge a déjà imposé des restrictions aux agents fédéraux, les obligeant à porter des badges et interdisant l’usage de gaz lacrymogènes contre les manifestants pacifiques et les journalistes.
- Des témoignages accablants font état de conditions « inhumaines » dans un centre de détention pour immigrés de la région de Chicago, avec des toilettes hors service, des cellules surpeuplées et un accès limité à l’eau potable.
- Le haut responsable de la patrouille frontalière, Gregory Bovino, a été interrogé à deux reprises par le tribunal et des extraits de ses dépositions seront examinés mercredi.
Contexte
La situation découle d’une série de plaintes déposées par des médias et des manifestants, qui accusent les agents de l’immigration d’avoir fait un usage disproportionné de la force, notamment en utilisant des gaz lacrymogènes, lors de manifestations. La juge Sara Ellis, du tribunal de district américain, a déjà pris des mesures préliminaires pour encadrer les actions des agents. Elle a notamment ordonné le port de badges identificatoires et interdit l’utilisation de certaines techniques antiémeutes contre les manifestants pacifiques et les journalistes.
Récemment, la juge Ellis a exprimé son mécontentement face au non-respect de ses précédentes directives par les autorités fédérales et a ajouté une nouvelle exigence concernant l’utilisation de caméras corporelles. Elle avait également, de manière inhabituelle, ordonné à Gregory Bovino, un haut responsable de la patrouille frontalière, de la tenir informée quotidiennement des opérations de répression de l’immigration à Chicago. Cette décision a toutefois été suspendue par une cour d’appel.
Ce qui change
Mardi, Gregory Bovino a de nouveau comparu devant le tribunal pour une déposition privée avec les avocats des deux parties. Des extraits vidéo de cette déposition seront présentés mercredi devant le tribunal. Les avocats pourraient également faire témoigner un pasteur blessé à la tête par un projectile contenant un agent chimique lors d’une prière devant un centre d’immigration à Broadview, ainsi que des manifestants affirmant avoir été touchés par des grenades flash et souffrant de pertes auditives temporaires.
Des documents judiciaires révèlent que lors d’une déposition précédente, Gregory Bovino a admis avoir lancé des gaz lacrymogènes et avoir été touché par une pierre dans le quartier de Little Village, à majorité mexicano-américaine. Il a également déclaré avoir « ordonné à ses agents d’arrêter les manifestants qui proféraient des commentaires hyperboliques lors des manifestations politiques », selon les archives judiciaires.
Par ailleurs, un juge fédéral devrait rendre une décision mercredi après-midi concernant une action collective déposée par des détenus contre les autorités fédérales, dénonçant des conditions de détention « inhumaines » dans un centre d’immigration de la région de Chicago. Le juge Robert Gettleman a qualifié ces conditions d’« inutilement cruelles » après avoir entendu les témoignages des personnes détenues, évoquant des toilettes débordantes, des cellules surpeuplées, un manque de lits et une eau impropre à la consommation.
Prochaines étapes
L’audience de mercredi sera déterminante pour l’avenir des restrictions imposées aux agents fédéraux de l’immigration à Chicago. Le juge Gettleman devrait également annoncer sa décision concernant l’action collective déposée par les détenus, et pourrait émettre une ordonnance d’interdiction temporaire pour améliorer les conditions de détention.
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