Zoran Mamdani, 34 ans, a marqué l’histoire en devenant le premier maire musulman de New York après une campagne acharnée, mais son discours de victoire enflammé a suscité des réactions mitigées, notamment chez des stratèges démocrates expérimentés.
Lors d’une allocution de 25 minutes mardi soir, Mamdani n’a pas épargné ses adversaires, lançant un cinglant : « Que ce soir soit la dernière fois que je prononce son nom » à l’égard de l’ancien gouverneur Andrew Cuomo. Il a également adressé un message direct à l’ancien président Donald Trump, affirmant : « Pour atteindre l’un d’entre nous, vous devrez passer par nous tous. » et ajoutant : « J’ai quatre mots pour vous. Montez le volume. »
Cependant, ce ton virulent a déconcerté certains observateurs. David Axelrod, ancien conseiller principal de Barack Obama, a exprimé sa déception, estimant que ce discours n’était pas une introduction appropriée à la ville pour un nouveau maire. « C’était un discours crié, pas un discours qui ouvre la voie à une nouvelle ère pour la ville le soir de son élection », a-t-il déclaré.
Van Jones, qui a brièvement occupé un poste de conseiller environnemental sous l’administration Obama, a également estimé que Mamdani avait manqué une occasion de rassembler la ville. « Le Mamdani que nous avons vu pendant la campagne électorale, qui était beaucoup plus calme, plus chaleureux, plus accueillant, n’était pas présent dans ce discours », a-t-il souligné. Il a ajouté que le ton était « aigu » et que Mamdani semblait « crier » dans le micro, ce qui contrastait avec son image publique habituelle.
Axelrod a cependant salué la condamnation de l’antisémitisme par Mamdani et son engagement à travailler avec la police pour lutter contre la criminalité. Il a également profité de l’occasion pour critiquer implicitement Donald Trump, soulignant l’importance de juger les dirigeants en fonction de leur capacité à éviter les discours clivants.
Alyssa Farah Griffin, ancienne directrice des communications de la Maison Blanche sous l’administration Trump, a comparé le discours de Mamdani à celui d’Abigail Spanberger, la nouvelle gouverneure de Virginie. Elle a estimé que le discours de Mamdani était « trumpien », notant son refus de prononcer le nom de Cuomo et le contraste avec l’approche plus conciliante de Spanberger, qui avait remercié son adversaire républicaine pour une campagne bien menée.
Scott Jennings, stratège républicain, a quant à lui estimé que Mamdani avait affiché un profil de candidat national, avertissant les démocrates de la vieille garde.
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