Publié le 2024-02-29 14:35:00. Les chercheurs en biomédecine disposent désormais d’un nouvel outil open source pour protéger la confidentialité des données des patients tout en facilitant la recherche translationnelle. Le service de pseudonymisation ACE (Advanced Confidentiality Engine) promet de gérer efficacement des volumes massifs de données de santé, un défi majeur dans le domaine.
- ACE, un service open source, permet de pseudonymiser et de dépseudonymiser les données de santé à grande échelle.
- Il gère jusqu’à 6 000 transactions par seconde, ce qui le rend adapté aux plateformes de recherche translationnelle.
- ACE offre un contrôle d’accès précis, une structuration flexible des pseudonymes et un audit complet des opérations.
La pseudonymisation, processus consistant à séparer les données d’identification directe des données de recherche, est une pratique essentielle pour concilier la protection de la vie privée et le progrès scientifique. Elle permet aux chercheurs de travailler avec des informations sensibles tout en respectant les principes de « protection des données dès la conception et par défaut » et de minimisation des données. Cependant, l’application de cette méthode à des ensembles de données volumineux, comme les millions de dossiers médicaux électroniques utilisés dans la recherche translationnelle, représente un obstacle technique important. Jusqu’à présent, les solutions open source performantes étaient rares.
C’est dans ce contexte qu’intervient ACE (Advanced Confidentiality Engine), un service de pseudonymisation open source conçu pour répondre aux besoins spécifiques de la recherche biomédicale. Il se concentre sur la création et la gestion du lien sécurisé entre les données d’identification des patients et les données utilisées à des fins de recherche. Son architecture, décrite comme « légère », repose sur une base de données compacte inspirée des entrepôts de données et utilise des technologies logicielles open source modernes, notamment une interface de programmation d’application (API) de type Representational State Transfer (REST).
ACE offre plusieurs fonctionnalités clés. Il propose un mécanisme de contrôle d’accès précis, permettant de définir qui peut pseudonymiser, dépseudonymiser ou consulter les données. La structuration des pseudonymes est basée sur des domaines d’expertise, avec la possibilité d’hériter des attributs d’un niveau hiérarchique à un autre. De plus, un système d’audit complet enregistre toutes les opérations effectuées, assurant une traçabilité totale. Le service prend en charge neuf algorithmes de pseudonymisation différents, combinant des approches cryptographiques et la génération de nombres aléatoires. Les pseudonymes peuvent être codés en utilisant divers alphabets, éventuellement complétés par des chiffres de contrôle.
Les tests réalisés par les développeurs montrent qu’ACE est capable de traiter environ 6 000 transactions par seconde dans différents scénarios de charge de travail. Cette performance est rendue possible par la combinaison de l’efficacité des méthodes de pseudonymisation basées sur la cryptographie et de la flexibilité des approches basées sur la persistance des données. Grâce à ACE, toutes les informations relatives à la pseudonymisation et à la dépseudonymisation sont centralisées et accessibles, sous réserve d’un contrôle d’accès individualisé.
Les auteurs de cette innovation soulignent le manque de services de pseudonymisation librement disponibles et estiment qu’ACE constitue une ressource précieuse pour les institutions qui souhaitent mettre en place ou améliorer leur infrastructure de données translationnelles. Le logiciel est disponible en open source, encourageant ainsi son adoption et son développement par la communauté scientifique.
Mots-clés : recherche biomédicale ; confidentialité des données ; gestion des informations sur la santé ; récupération d’informations ; stockage d’informations ; pseudonymisation.
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