Publié le 6 novembre 2023. Avec l’arrivée du froid et la diminution de l’ensoleillement, la carence en vitamine D est un problème de santé publique en Espagne, touchant particulièrement les personnes âgées et celles à risque. Les experts soulignent l’importance d’une supplémentation ciblée plutôt que généralisée.
- La vitamine D est essentielle pour la santé des os, le système immunitaire et l’humeur.
- Les rayons UVB, nécessaires à la synthèse de vitamine D par la peau, sont insuffisants en Espagne durant l’automne et l’hiver.
- La supplémentation en vitamine D est recommandée principalement pour les groupes à risque, et non pour l’ensemble de la population.
La vitamine D joue un rôle crucial dans de nombreuses fonctions de l’organisme, allant de la solidité des os à la régulation du système immunitaire, en passant par l’influence sur l’humeur. Or, en Espagne, comme dans de nombreux pays situés à des latitudes supérieures à 40°, la production naturelle de vitamine D par la peau diminue considérablement pendant les mois d’automne et d’hiver, en raison du manque d’exposition aux rayons ultraviolets B (UVB). Cette carence peut avoir des conséquences sur la santé, notamment une fragilité osseuse accrue et une vulnérabilité accrue aux infections.
Amalia Paniagua, directrice adjointe du service d’endocrinologie et de nutrition de l’hôpital universitaire Fundación Jiménez Díaz de Madrid, explique que, même en adoptant une alimentation riche en vitamine D, l’apport alimentaire reste limité. La principale source de cette vitamine reste la synthèse cutanée induite par l’exposition au soleil.
« Dans les latitudes supérieures à 40°, comme l’Espagne, les rayons UVB ne sont pas suffisants pour la synthèse cutanée de la vitamine D pendant les mois allant de l’automne au printemps inclus. Des facteurs tels que l’âge, le phototype de peau foncée, l’utilisation de vêtements couvrant la peau, l’obésité et le travail en intérieur aggravent ce déclin saisonnier. »
Amalia Paniagua, directrice adjointe du service d’endocrinologie et de nutrition de l’hôpital universitaire Fundación Jiménez Díaz de Madrid
Les sources alimentaires de vitamine D comprennent les poissons gras (saumon, maquereau, sardines), les œufs, le foie et les aliments enrichis tels que certains yaourts, laits et margarines. Ces aliments sont également souvent riches en calcium, un autre nutriment essentiel pour la santé osseuse. Les produits laitiers enrichis peuvent apporter entre 60 et 200 UI (Unités Internationales) par portion. Cependant, l’apport alimentaire seul est rarement suffisant pour maintenir des niveaux optimaux de vitamine D, surtout en l’absence d’exposition solaire régulière. Contrairement aux États-Unis, l’enrichissement des aliments en vitamine D n’est pas systématique en Europe.
Une carence sévère en vitamine D (<20 ng/mL) peut entraîner des problèmes musculo-squelettiques tels que l'ostéomalacie (ramollissement des os chez l'adulte) ou le rachitisme (chez l'enfant), une faiblesse musculaire et un risque accru de fractures. Des études suggèrent également un lien possible entre la carence en vitamine D et une susceptibilité accrue aux infections respiratoires et aux maladies auto-immunes, ainsi qu'à des pathologies chroniques comme le prédiabète.
« Les avantages extrasquelettiques de la supplémentation continuent d’être débattus. »
Amalia Paniagua, directrice adjointe du service d’endocrinologie et de nutrition de l’hôpital universitaire Fundación Jiménez Díaz de Madrid
Les recommandations actuelles, basées sur les directives de l’Académie nationale de médecine et de la Société européenne pour les aspects cliniques et économiques de l’ostéoporose (ESCEO), préconisent une supplémentation en vitamine D principalement pour les groupes à risque : personnes âgées de plus de 75 ans, personnes vivant en institution, personnes à la peau foncée, femmes enceintes ou allaitantes, personnes évitant l’exposition au soleil, patients atteints de maladies digestives affectant l’absorption du calcium ou de la vitamine D (maladie cœliaque, chirurgie bariatrique, syndrome de l’intestin court), et personnes prenant certains médicaments susceptibles d’interférer avec l’absorption de ces nutriments (corticostéroïdes, antirétroviraux, cholécalciférol, orlistat, certaines statines, laxatifs, etc.).
Avant de commencer une supplémentation, il est conseillé de mesurer le taux de 25-hydroxyvitamine D, en particulier chez les personnes présentant des facteurs de risque ou des symptômes de carence. Cependant, pour un adulte en bonne santé sans facteurs de risque particuliers, une supplémentation préventive en automne-hiver ne nécessite pas d’analyse préalable.
Il est important de noter qu’un excès de vitamine D peut être nocif, entraînant une hypercalcémie (taux de calcium trop élevé dans le sang) et une toxicité rénale. En Espagne, le calcifediol (25-hydroxyvitamine D) est souvent utilisé pour la supplémentation, mais il présente un risque de toxicité plus élevé que le cholécalciférol (vitamine D3). Les doses recommandées de cholécalciférol (<2 000 UI/jour) sont généralement considérées comme sûres. Il est déconseillé de dépasser les 4 000 UI/jour sans surveillance médicale, et les doses de choc sont désormais contre-indiquées.
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