Publié le 7 novembre 2024 à 06h55. Face à la menace croissante des drones russes, l’OTAN déploie un nouveau système de défense anti-drone de pointe, baptisé “Merops”, en Pologne, en Roumanie et bientôt au Danemark, pour renforcer son flanc oriental.
- Le système “Merops”, développé avec le soutien américain, est capable de détecter, suivre et détruire rapidement les drones, même en cas de brouillage des communications.
- Son coût est significativement inférieur à celui des systèmes de défense aérienne traditionnels, comme le déploiement d’un F-35.
- L’investissement dans ce projet est porté par Eric Schmidt, l’ancien PDG de Google.
Le déploiement de “Merops” intervient après une série d’incursions de drones russes dans l’espace aérien des pays de l’OTAN, notamment en Pologne et en Roumanie, ainsi que des perturbations causées par des drones au-dessus de plusieurs aéroports européens, dont Copenhague, Munich, Berlin et Bruxelles. Ces incidents ont mis en évidence les vulnérabilités des défenses européennes face à cette nouvelle menace.
Ce système anti-drone se distingue par sa compacité et sa mobilité. Il est suffisamment petit pour être installé à l’arrière d’un SUV. Selon le colonel Mark McClellan, chef adjoint des opérations des forces terrestres de l’OTAN, “Merops” permet un « ciblage très précis » et représente une solution économique face à l’utilisation de missiles coûteux pour abattre des drones de faible valeur.
« C’est beaucoup moins cher que de déployer un F-35 et de dépenser un missile sur un drone qui coûte des dizaines de milliers de dollars. »
Colonel Mark McClellan, chef adjoint des opérations des forces terrestres de l’OTAN
Une caractéristique unique de “Merops” est sa capacité à différencier les drones des oiseaux ou des avions civils volant à basse altitude, grâce à l’intelligence artificielle. Le système est capable de lancer des drones intercepteurs contre les cibles hostiles. Les données collectées peuvent également être transmises aux forces terrestres ou aériennes pour une action coordonnée.
Le général Thomas Lovin précise que “Merops” peut protéger non seulement les installations et les unités militaires, mais aussi les infrastructures civiles, telles que les aéroports. Les premières installations sont actuellement déployées le long de la frontière polono-roumaine, et le Danemark a déjà signé un contrat pour l’acquisition du système.
L’OTAN ambitionne de créer un réseau flexible de capteurs et de systèmes de contrôle compatibles avec différents types d’armes. Selon le général Chris Donahoe, commandant de l’armée américaine en Europe, le déploiement complet de l’infrastructure pourrait prendre de deux à cinq ans. L’alliance mise sur l’innovation pour compenser la supériorité numérique de la Russie en matière de drones.
Le système “Merops” a déjà été testé avec succès en conditions réelles en Ukraine. Cependant, la Russie ne reste pas inactive et augmente sa production de drones d’attaque, en les équipant de technologies de pointe. Le général de brigade Zakarias Hernández souligne la nécessité de surveiller attentivement les développements russes et de s’adapter en conséquence.
L’OTAN et les États-Unis construisent une nouvelle ligne de dissuasion, une ceinture de défense étroite s’étendant de la Norvège à la Turquie, tandis que les pays européens développent également leurs propres systèmes d’interception et renforcent leurs frontières orientales.
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