Des zones de guerre à des foyers déchirés, l’œuvre de la photographe Lynsey Addario témoigne de la réalité brutale des conflits et de leurs conséquences sur les populations civiles. Une exposition à venir, capturée à travers ses images poignantes, offre un regard sans concession sur l’Irak, l’Afghanistan, le Soudan, la Libye et l’Ukraine.
L’exposition, qui sera visible sur Disney+ et National Geographic à partir du 7 novembre 2025, présente un ensemble de photographies prises entre 2003 et 2024. Ces clichés documentent les souffrances endurées par les civils pris au piège des conflits, les blessures physiques et psychologiques des soldats, et les défis quotidiens de la survie dans des environnements instables.
En Irak, en 2003, alors que le pays était plongé dans le chaos après l’invasion, Addario a photographié une femme irakienne cherchant désespérément son mari au milieu des flammes d’une usine de gaz liquéfié en feu à Bassorah. Plus tard, en 2004, elle a documenté le flux incessant de soldats américains blessés, évacués de l’hôpital militaire de Balad vers l’Allemagne après les combats acharnés de Falloujah. Des centaines de militaires ont transité par cet hôpital.
L’Afghanistan, théâtre d’une guerre prolongée, est également largement représenté. On y voit des Marines américains portant un soldat blessé dans la vallée de Korengal en 2007, ainsi qu’une jeune femme, Noor Nisa, âgée de 18 ans, en travail et bloquée dans la province de Badakhshan en 2009. Son mari, dont la première épouse était décédée en couches, s’efforçait de la conduire à l’hôpital, situé à quatre heures de route de leur village. Addario a même aidé à la transporter jusqu’à l’hôpital où Noor a donné naissance à une fille.
Les images révèlent également le travail des équipes d’engagement féminin des Marines, qui tentaient d’établir un dialogue avec les femmes afghanes, comme le montre une photographie d’Elena Woods, technicienne médicale, nettoyant son arme après une mission à Camp Delhi, en 2010. Une autre image capture Lisa Gardner, infirmière, prenant les constantes vitales de femmes afghanes dans un village de la province de Helmand en 2010, une pratique essentielle compte tenu des restrictions culturelles interdisant aux femmes d’être soignées par des médecins hommes.
L’exposition ne se limite pas à l’Irak et à l’Afghanistan. Elle inclut également des images poignantes du Darfour, au Soudan, entre 2004 et 2009, où le gouvernement était accusé de persécuter sa propre population. On y voit des jeunes filles tchadiennes bravant une tempête de sable près de la frontière soudanaise en 2004, des rebelles de l’Armée de libération soudanaise, et des villages incendiés par des milices arabes soutenues par le gouvernement. Addario a témoigné de la destruction et de la violence qui ont ravagé la région.
La Libye en 2011 est également documentée, avec des scènes de manifestations contre le colonel Mouammar Kadhafi à Benghazi, des enfants jouant près de voitures en flammes, et des combats entre les forces gouvernementales et les opposants. Addario, travaillant pour le New York Times, a même été brièvement portée disparue avec d’autres journalistes lors d’une offensive des forces de Kadhafi.
Plus récemment, en 2022, Addario s’est rendue en Ukraine pour couvrir l’invasion russe. Ses photographies montrent les décombres d’immeubles résidentiels à Kyiv, une enseignante bénévole en larmes attendant d’être envoyée au front, des familles se précipitant pour prendre le train vers l’ouest, et des soldats ukrainiens tentant de secourir des civils dans la ville d’Irpin. Une image en particulier, montrant une famille ukrainienne touchée par un mortier, a été saluée pour sa puissance émotionnelle et sa capacité à témoigner de la tragédie de la guerre.
L’exposition inclut également des images plus personnelles, montrant Addario avec son fils, Alfred et Lukas, avant de partir en mission, ainsi que des clichés de migrants africains en mer et de patients atteints de Covid-19 en Angleterre. Ces images témoignent de l’engagement continu de la photographe à documenter les crises humanitaires et les défis auxquels sont confrontées les populations vulnérables à travers le monde.
Une photographie poignante, prise en juillet 2024, montre Sonya Kryvolapchuk, 6 ans, semi-consciente aux côtés de sa mère, Natalia, 27 ans, recevant du paracétamol par voie intraveineuse dans un centre de soins palliatifs en Ukraine. La petite fille souffre d’un rétinoblastome métastasé.
À lire aussi
