Publié le 7 novembre 2025 – 9h45. Le président américain Donald Trump a cherché à renforcer les liens avec les pays d’Asie centrale, dans un contexte de course aux terres rares, des minéraux essentiels pour les technologies de pointe, et de volonté de réduire la dépendance américaine vis-à-vis de la Chine.
- Donald Trump a accueilli à la Maison Blanche les dirigeants du Kazakhstan, du Kirghizistan, du Tadjikistan, du Turkménistan et de l’Ouzbékistan.
- L’objectif principal de ces rencontres est de sécuriser l’approvisionnement en minéraux essentiels, notamment les terres rares, dont la Chine contrôle actuellement une part importante de la production et du traitement.
- Un projet de loi visant à lever les restrictions commerciales héritées de l’ère soviétique, qui entravent les investissements américains dans la région, a été présenté au Sénat.
La Maison Blanche a mis l’accent sur l’importance stratégique de l’Asie centrale, une région longtemps négligée par les administrations américaines précédentes, selon les déclarations de Donald Trump. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales avec la Chine, notamment concernant l’exportation de terres rares, et de recherche de diversification des sources d’approvisionnement.
Lors d’un dîner de travail avec les dirigeants d’Asie centrale, Donald Trump a souligné l’importance de renforcer les partenariats économiques et la coopération en matière de sécurité.
« Nous renforçons nos partenariats économiques, améliorons notre coopération en matière de sécurité et élargissons nos liens globaux. »
Donald Trump, président américain
Il a également rappelé le rôle historique de cette région, autrefois carrefour de la Route de la Soie, reliant l’Orient et l’Occident.
Cette démarche intervient après des discussions avec son homologue chinois Xi Jinping en Corée du Sud, au cours desquelles Pékin a accepté de retarder d’un an l’entrée en vigueur de nouvelles restrictions à l’exportation de terres rares et d’aimants. Le mois dernier, la Chine avait annoncé l’extension de ces restrictions, une mesure perçue comme une pression dans les négociations commerciales avec les États-Unis.
Washington cherche activement à réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine, qui domine le marché des minéraux critiques avec près de 70 % de l’exploitation mondiale des terres rares et environ 90 % de leur traitement. L’Asie centrale, riche en ressources minérales, représente une alternative potentielle.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a accueilli les dirigeants d’Asie centrale au Département d’État dans le cadre du forum C5+1, célébrant son 10e anniversaire.
« Et c’est ce qui existe ici maintenant : une nouvelle opportunité passionnante dans laquelle les intérêts nationaux de nos pays respectifs sont alignés. »
Marco Rubio, secrétaire d’État américain
Il a souligné l’importance de saisir les nouvelles opportunités économiques offertes par cette région.
Un projet de loi bipartisan, présenté au Sénat, vise à abroger les restrictions commerciales héritées de l’ère soviétique, considérées comme un frein aux investissements américains en Asie centrale. Selon les responsables de l’administration Trump, l’approfondissement des relations avec ces pays est une priorité.
L’ambassadeur américain en Inde, Sergio Gor, envoyé spécial de Donald Trump pour l’Asie du Sud et l’Asie centrale, a affirmé que les dirigeants d’Asie centrale bénéficieraient d’une ligne directe avec la Maison Blanche et d’une attention particulière.
“L’engagement du président envers cette région est que vous ayez une ligne directe avec la Maison Blanche et que vous receviez l’attention que cette région mérite tout à fait.”
Sergio Gor, ambassadeur américain en Inde et envoyé spécial pour l’Asie du Sud et l’Asie centrale
L’Asie centrale détient d’importantes réserves de terres rares et produit environ la moitié de l’uranium mondial, un élément essentiel à la production d’énergie nucléaire. Historiquement, la région s’est concentrée sur la sécurité régionale, notamment en raison de la présence militaire américaine en Afghanistan, de la situation des Ouïghours au Xinjiang en Chine et des tentatives de la Russie de réaffirmer son influence. Cependant, la Chine et la Russie bénéficient déjà des exportations de minéraux de l’Asie centrale.
En 2023, le Kazakhstan a exporté pour 3,07 milliards de dollars de minéraux clés vers la Chine et 1,8 milliard de dollars vers la Russie, contre seulement 544 millions de dollars vers les États-Unis, selon les données de l’ Observatoire de la complexité économique.
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