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Le Sénat américain rejette une résolution interdisant à Trump toute action militaire au Venezuela

Publié le 7 novembre 2025 à 04h40. Le Sénat américain a rejeté une tentative de limiter le pouvoir de l'exécutif concernant une éventuelle intervention militaire au Venezuela, tandis que l'administration Trump maintient une pression militaire et rhétorique croissante…

Le Sénat américain rejette une résolution interdisant à Trump toute action militaire au Venezuela

Publié le 7 novembre 2025 à 04h40. Le Sénat américain a rejeté une tentative de limiter le pouvoir de l’exécutif concernant une éventuelle intervention militaire au Venezuela, tandis que l’administration Trump maintient une pression militaire et rhétorique croissante sur Caracas.

  • Le Sénat américain, dominé par les républicains, a bloqué une résolution visant à exiger l’approbation du Congrès avant toute action militaire au Venezuela.
  • L’administration américaine affirme ne pas disposer actuellement de justification légale pour attaquer des cibles au Venezuela, tout en cherchant activement un tel fondement juridique.
  • Le déploiement du porte-avions Gerald Ford dans les Caraïbes renforce la présence militaire américaine dans la région, suscitant des inquiétudes quant à une escalade.

Washington et Caracas s’affrontent dans une escalade de tensions, marquée par des opérations secrètes et des accusations mutuelles. Le rejet de la résolution au Sénat américain, par 51 voix contre 49, illustre la division politique sur la question et la volonté de l’administration Trump de conserver une marge de manœuvre importante. Seuls deux sénateurs républicains ont rejoint les démocrates pour soutenir la résolution, qui visait à rappeler le rôle constitutionnel du Congrès en matière de déclaration de guerre.

Les démocrates Tim Kaine et Adam Schiff, ainsi que le républicain Rand Paul, avaient initié cette proposition, après l’échec d’une tentative similaire en octobre. Leur objectif était de contraindre la Maison Blanche à obtenir l’aval du Congrès avant d’engager des actions militaires sur le territoire vénézuélien. Le vote intervient après une réunion d’information classifiée, animée par le secrétaire d’État Marco Rubio et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, au cours de laquelle des représentants de l’administration ont admis l’absence actuelle de base légale pour une attaque au Venezuela. Cette admission fait suite à une série d’attaques militaires contre des bateaux soupçonnés de trafic de drogue, qui ont déjà causé la mort d’au moins 66 personnes depuis le 2 septembre, dont deux lors d’une opération ce mardi.

De nombreux analystes et législateurs estiment que cette campagne, menée sans l’autorisation du Congrès, est illégale. Selon la chaîne CNN, l’administration américaine continue néanmoins de chercher un argument juridique qui lui permettrait d’attaquer des cibles terrestres au Venezuela si elle le souhaitait. Le membre de la Chambre des représentants Adam Smith, figure démocrate influente au sein de la commission des services armés, a exprimé son scepticisme quant à une volonté réelle de guerre de la part de l’administration, tout en soulignant l’imprévisibilité du président Trump :

« Sur la base de ce briefing, je crois que l’administration ne veut pas entrer en guerre avec le Venezuela. Mais d’un autre côté, le président Trump est assez célèbre pour, comment dire, sa manière chaotique de faire les choses. Il peut changer d’avis très rapidement. Alors qui sait. »

Adam Smith, membre du Congrès

L’arrivée imminente du porte-avions Gerald Ford, le plus grand et le plus moderne de la flotte américaine, dans les eaux caribéennes, ajoute une nouvelle dimension à cette crise. Avec une douzaine de navires militaires américains déjà présents dans la région, le déploiement du Gerald Ford représente environ 20% des navires de guerre américains déployés dans le monde, selon le magazine spécialisé Stars and Stripes. Donald Trump reste cependant discret sur ses intentions concernant ce déploiement et sur la possibilité d’une attaque contre le territoire vénézuélien.

L’administration américaine joue un jeu de nerfs avec Caracas, intensifiant la pression tout en maintenant une ambiguïté stratégique. Elle évoque une « nouvelle phase » dans sa lutte contre le trafic de drogue, incluant des opérations sur le terrain, tout en niant toute volonté de guerre. Elle a également accusé le président vénézuélien Nicolás Maduro d’être un chef du cartel des Suns et a doublé la récompense offerte pour sa capture, la portant à 50 millions de dollars. Des experts suggèrent que la Maison Blanche pourrait tenter de justifier une intervention en invoquant un prétendu lien entre Maduro et le trafic de drogue, en se basant sur l’existence d’un « conflit armé non international » contre les cartels.

Une intervention militaire au Venezuela serait considérée comme une violation du droit international, notamment de l’article 2-4 de la Charte des Nations Unies, qui interdit le recours à la force contre l’intégrité territoriale d’un État souverain, selon l’avocate Heather Brandon-Smith, du Comité des amis sur la législation nationale :

« Une intervention à part entière au Venezuela violerait l’article 2-4 de la Charte des Nations Unies, qui interdit le recours à la force qui viole le territoire d’un autre pays souverain. Cela constituerait une invasion illégale, comme celle de la Russie en Ukraine. Cela violerait également le pouvoir du Congrès de déclarer la guerre, contenu dans la Constitution. »

Heather Brandon-Smith, avocate

La Maison Blanche se défend en affirmant que ses actions dans les eaux internationales sont conformes à la loi. La porte-parole Anna Kelly a déclaré :

« Le président Trump a été clair dans son message à Maduro : arrêtez d’envoyer de la drogue et des criminels dans nos pays. Le président a clairement indiqué qu’il souhaitait continuer à attaquer les narcoterroristes qui trafiquent des stupéfiants illicites. Tout le reste n’est que pure spéculation. »

Anna Kelly, porte-parole de la Maison Blanche

Pour l’heure, la situation reste incertaine, dans l’attente de l’arrivée du Gerald Ford et de ses navires d’escorte. Le porte-avions a traversé le détroit de Gibraltar mardi en direction de l’Atlantique, escorté par la frégate espagnole Numancia. Le Pentagone ne communique pas les positions précises de ses navires en mission. Donald Trump s’est rendu à Miami, bastion de l’opposition vénézuélienne aux États-Unis, pour participer à un forum économique et rencontrer María Corina Machado, figure de proue de l’opposition et prix Nobel de la paix. Il a défendu les opérations secrètes menées par son pays contre des bateaux soupçonnés de trafic de drogue, qui ont fait au moins 66 morts :

« Nous faisons exploser les terroristes du cartel. Nous les faisons exploser – liés au régime de Maduro au Venezuela et à d’autres. »

Donald Trump, président des États-Unis

María Corina Machado a réaffirmé son soutien à ces mesures, dénonçant Maduro comme le chef d’une « structure narcoterroriste » qui a déclaré la guerre au peuple vénézuélien et aux nations démocratiques de la région. Elle a déclaré :

« Maduro a commencé cette guerre, et le président Trump va y mettre fin. »

María Corina Machado, leader de l’opposition vénézuélienne

John Walsh, directeur de la politique en matière de drogues du Bureau de Washington pour l’Amérique latine (WOLA), une ONG, estime que cette campagne vise à intimider et à provoquer la chute du régime de Maduro.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.