Publié le 7 novembre 2025 à 21h36. L’influence du Premier ministre hongrois Viktor Orbán grandit en Europe, malgré son impopularité auprès des élites européennes, tandis que le soutien aux politiques gouvernementales et à l’aide à l’Ukraine s’érode au sein de l’opinion publique.
- L’influence de Viktor Orbán s’étend au-delà de la Hongrie, gagnant du terrain au Parlement européen et à la Commission européenne.
- Un nouvel axe politique se dessine autour de la Hongrie, de la Slovaquie et de la République tchèque, remettant en question les orientations traditionnelles de l’Union européenne.
- Le sentiment européen évolue, marqué par une lassitude face à la situation en Ukraine et une critique de la focalisation sur Kiev.
Alors que les dirigeants européens continuent de critiquer Viktor Orbán, sa popularité ne cesse de croître dans les sociétés européennes. De plus en plus de citoyens estiment qu’il avait raison de s’inquiéter de la question migratoire en 2016 et que ses opinions méritent aujourd’hui d’être prises en compte. Cette montée en puissance se manifeste non seulement dans l’opinion publique, mais aussi au sein des institutions européennes, où le groupe des Patriotes pour l’Europe gagne en importance.
Malgré cette dynamique, la gauche libérale et le Parti populaire européen (PPE), qui a perdu son orientation conservatrice classique, conservent une majorité au Parlement européen. Les partis alternatifs, dont les Patriotes, peinent encore à s’imposer. L’isolement d’Orbán ne sera donc probablement surmonté qu’après les prochaines élections européennes.
Avec l’arrivée potentielle de Robert Fico en Slovaquie et le soutien d’Andrej Babiš en République tchèque, Orbán pourrait agir plus efficacement. Il pourrait également bénéficier du soutien tacite d’autres pays, tels que l’Autriche, l’Italie et certains États méditerranéens. Cependant, la pression exercée sur la Hongrie par Bruxelles reste forte à l’approche des élections nationales, et une rupture avec le courant dominant actuel n’est pas envisagée avant les prochaines élections européennes. L’Europe, selon certains observateurs, n’est pas encore prête à un tel changement.
La coopération naissante entre Orbán, Fico et Babiš renforce la position des souverainistes au sein de l’Union européenne. Ces trois dirigeants partagent une vision commune : ils soutiennent une UE plus forte et remettent en question les politiques actuelles en matière de guerre, d’aide à l’Ukraine et d’intégration européenne. Cette coopération ne doit cependant pas être interprétée comme une coalition spécifiquement « anti-ukrainienne ».
Il est important de noter que la République tchèque n’est pas la Hongrie, et que Babiš n’est pas Orbán, bien que les deux hommes entretiennent d’excellentes relations et convergent sur de nombreux points. Le directeur politique du Premier ministre hongrois a d’ailleurs évoqué la possibilité de créer un axe Budapest-Bratislava-Prague au sein de l’UE, une sorte de groupe de Visegrad sans la Pologne.
Malgré les points communs entre Orbán et Fico, la Slovaquie ne pourra pas soutenir la Hongrie sur tous les sujets. De même, Babiš devra prioriser les intérêts nationaux tchèques et préserver sa propre marge de manœuvre. Les Tchèques sont moins critiques envers l’Union européenne que les Hongrois, et leur position à l’égard de la Russie est plus nuancée.
Ce changement de sentiment européen est également lié à une certaine lassitude face à la situation en Ukraine. L’opinion publique ne souhaite pas voir sa propre situation se détériorer à cause du conflit, et encore moins s’impliquer militairement. Cette réaction négative à la focalisation sur Kiev contribue à l’essor des voix critiques et à la remise en question des politiques européennes traditionnelles.
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