Home MondeLa Hongrie a obtenu une exemption des sanctions américaines sur le gaz et le pétrole russes — ČT24 — Télévision tchèque

La Hongrie a obtenu une exemption des sanctions américaines sur le gaz et le pétrole russes — ČT24 — Télévision tchèque

by Clara Dubois

Publié le 8 novembre 2025 à 00h49. Lors d’une rencontre à la Maison Blanche, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a obtenu des États-Unis une exemption des sanctions sur les importations de gaz et de pétrole russes, ainsi qu’un déblocage des fonds pour le projet d’agrandissement de la centrale nucléaire de Paks II.

  • Les États-Unis ont accordé à la Hongrie une dérogation d’un an aux sanctions concernant le gazoduc TurkStream et l’oléoduc Drouzhba.
  • Washington a levé les sanctions qui entravaient le développement de la centrale nucléaire de Paks II.
  • Les deux pays ont convenu d’une coopération énergétique, notamment la participation de la société américaine Westinghouse à l’approvisionnement en combustible nucléaire et au développement de petits réacteurs modulaires.

La visite de Viktor Orbán à Washington, perçue comme un rapprochement stratégique après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, a abouti à des concessions significatives pour Budapest en matière d’énergie. Le Premier ministre hongrois, souvent considéré comme le plus proche allié du Kremlin au sein de l’Union européenne, avait exprimé des difficultés à trouver des alternatives aux hydrocarbures russes, en raison de la configuration géographique de son pays.

Selon le bureau du Premier ministre hongrois, les États-Unis ont également levé les sanctions ayant un impact sur le projet de centrale nucléaire de Paks II. Une annonce accueillie favorablement par Budapest, qui voit dans ce projet un pilier de sa sécurité énergétique. Les deux pays se sont également engagés à renforcer leur coopération dans le domaine nucléaire, avec la participation de la société américaine Westinghouse à la fourniture de combustible et au développement de nouvelles technologies.

Donald Trump a souligné, avant les négociations, les contraintes spécifiques auxquelles la Hongrie est confrontée en raison de son manque d’accès à la mer. Il a également salué Viktor Orbán comme un « grand dirigeant », appelant l’Union européenne à le respecter.

Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, s’est félicité sur le réseau X d’une exemption « illimitée », remerciant les États-Unis pour une décision qui, selon lui, « garantira la sécurité énergétique de la Hongrie ». Il a également affirmé que les sanctions politiquement motivées avaient disparu, que le financement américain des ONG critiquant la Hongrie avait pris fin et que les Hongrois pourraient désormais voyager aux États-Unis sans visa.

Orbán avait précédemment cherché des moyens de contourner les sanctions américaines visant les compagnies pétrolières russes Rosneft et Loukoil, ainsi que leurs filiales. Il avait réitéré à la Maison Blanche la difficulté pour son pays de trouver des alternatives. Cette démarche intervient alors que les États-Unis ont pris des mesures de représailles contre la Russie en réponse à son refus de participer à une proposition de résolution du conflit en Ukraine. Un groupe de sénateurs démocrates et républicains avait d’ailleurs présenté une résolution appelant la Hongrie à réduire sa dépendance aux matières premières énergétiques russes, juste avant la visite d’Orbán.

Le Premier ministre hongrois a exprimé son souhait d’ouvrir un nouveau chapitre dans les relations bilatérales avec les États-Unis, en établissant un partenariat stratégique axé sur l’énergie, les investissements et la défense. Il a également évoqué la possibilité de discuter d’une solution à la guerre russo-ukrainienne une fois le conflit terminé. Il a également mentionné son intention de négocier un accord économique de grande envergure avec Washington, susceptible de compenser l’impact des droits de douane américains sur l’Union européenne, selon Reuters.

Une éventuelle rencontre avec le dirigeant russe

La visite d’Orbán à Washington pourrait également servir de prélude à une rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine, initialement prévue à Budapest. Trump a confirmé qu’il était en « discussion » avec Poutine à ce sujet, estimant qu’Orbán « comprend et connaît très bien » le président russe. Il a également exprimé son espoir de parvenir à une fin rapide du conflit en Ukraine, soulignant les lourdes pertes subies par les deux camps.

Selon Trump, Moscou ne serait pas encore prête à arrêter les combats, mais cela pourrait changer. Il a suggéré que Budapest pourrait être un lieu approprié pour une telle rencontre. Orbán a quant à lui affirmé que seule la Hongrie et les États-Unis plaidaient pour un cessez-le-feu, les autres pays européens misant sur une victoire ukrainienne sur le champ de bataille. Il a reconnu, face à Trump, que des « miracles » pouvaient se produire.

Le président américain avait annoncé ce mois-ci qu’il envisageait de rencontrer Poutine, avant d’annuler le sommet, estimant que les circonstances actuelles n’étaient pas propices. Le même jour, les États-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions contre les compagnies pétrolières russes Rosneft et Loukoil, ainsi que contre leurs filiales, en réponse au refus de Poutine de mettre fin à la guerre en Ukraine.

Une importante délégation hongroise

Viktor Orbán s’est rendu à Washington à bord d’un avion charter d’une compagnie aérienne à bas coût, son appareil gouvernementuel habituel étant jugé trop petit pour accueillir la grande délégation hongroise, composée de six ministres, dont les ministres de l’Économie et de la Défense, selon Aerospace Global News.

À bord de l’avion, Orbán a souligné l’importance de ne pas sous-estimer l’intelligence de Trump, une erreur fréquente en Europe selon lui, car le style du président américain fait partie intégrante de sa stratégie de négociation. « Les Américains ne négocient pas pour le plaisir, mais pour parvenir à un accord », a-t-il déclaré, soulignant son expérience de six rencontres avec Trump.

Orbán a été l’un des plus fervents soutiens de Trump parmi les dirigeants européens, lui rendant visite à trois reprises dans son domaine de Mar-a-Lago en Floride l’année dernière, dont deux fois avant l’élection présidentielle de novembre.

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