Publié le 7 novembre 2025 à 23h09. Meta, la société mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, va étendre sa surveillance des données de ses utilisateurs, incluant désormais le contenu des messages directs et des conversations avec ses intelligences artificielles, sans possibilité de s’y soustraire, sauf en abandonnant ses plateformes.
- À partir du 16 décembre, Meta pourra accéder aux données des utilisateurs dans la plupart des pays du monde.
- L’Union européenne et le Royaume-Uni bénéficieront d’un délai, avec un déploiement prévu au 4 mars 2026.
- Cette initiative soulève des inquiétudes quant à la protection de la vie privée, notamment au regard de précédents signalés concernant l’utilisation de ces données à des fins de ciblage, voire de surveillance.
Meta s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la collecte de données de ses utilisateurs. Selon des informations rapportées par PC Monde, l’entreprise va commencer à analyser le contenu des conversations privées, y compris les messages directs et les échanges avec ses outils d’intelligence artificielle. Cette mesure, qui débutera le 16 décembre 2025 pour la majorité des pays, sera différée dans l’Union européenne et au Royaume-Uni, où les réglementations en matière de protection des données sont plus strictes. Le déploiement y est prévu pour le 4 mars 2026, selon la politique de confidentialité de Facebook.
L’objectif affiché par Meta est de personnaliser davantage la publicité et le contenu proposé aux utilisateurs. Cependant, cette initiative suscite de vives préoccupations quant à la confidentialité des données personnelles. Il n’y aura pas de possibilité de se désinscrire de cette surveillance, si ce n’est en cessant d’utiliser les plateformes de Meta.
Si l’attention s’est concentrée sur l’analyse des conversations avec les IA, Facebook a précisé dans une mise à jour de sa politique de confidentialité, intitulée « Votre activité et les informations que vous fournissez », que les messages directs seront également concernés par cette collecte de données.

Cette annonce intervient alors que des inquiétudes grandissent quant à l’utilisation potentielle des données de Meta par les autorités. Depuis au moins 2021, l’entreprise est connue pour fournir des données à ces dernières « en temps quasi réel », comme le relève Rolling Stone. Si cette collaboration ne concernait auparavant pas officiellement le contenu des messages directs, la nouvelle politique de Meta change la donne.
Des rapports alarmants ont déjà mis en lumière des utilisations potentiellement abusives de ces données. En Israël, le système de ciblage par IA « Lavender », décrit dans un rapport de 972 Magazine et analysé par The Technology for Palestine, aurait utilisé les données WhatsApp pour identifier des Palestiniens et les cibler pour des frappes aériennes, parfois sur la seule base de leur appartenance à un groupe WhatsApp avec une personne déjà visée. Une source citée par 972 Magazine a déclaré :
« Ils les bombardaient dans leurs maisons sans hésitation, comme première option. Il est bien plus facile de bombarder une maison familiale. Le système est conçu pour les rechercher dans ces situations. »
Source anonyme, 972 Magazine
Le journaliste Jamal Khashoggi a également été victime d’une surveillance de ses communications WhatsApp avant son assassinat dans un consulat saoudien. Ses messages auraient été piratés par le logiciel espion israélien « Pegasus », également utilisé pour espionner des militants des droits humains, des journalistes et des responsables politiques, comme le révèle une enquête du Washington Post, Amnesty International et d’autres organisations.
Meta nie l’existence de « portes dérobées » dans ses produits et affirme ne pas lire actuellement les messages de ses utilisateurs. Cependant, l’entreprise est actuellement poursuivie en justice aux États-Unis par son ancien responsable de la sécurité, qui accuse Meta de donner accès aux données sensibles des utilisateurs à des milliers d’ingénieurs et de ne pas avoir corrigé des failles de sécurité permettant le piratage de plus de 100 000 comptes par jour. The Independent a rapporté que le plaignant, Attaullah Baig, affirme que ses avertissements ont été ignorés et qu’il a été licencié pour avoir exprimé ses inquiétudes. Meta conteste ces allégations.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de préoccupations concernant la sécurité en ligne, notamment après la révélation par le groupe de défense des droits numériques SMEX que tous les téléphones Samsung de milieu de gamme dans une grande partie du monde sont préinstallés avec un logiciel espion israélien « inamovible », comme le rapporte The Canary.
Image en vedette via Shutter Speed
À ne pas manquer
