Un musée dédié à l’œuvre et à la vie du photographe et artiste américain Peter Beard a ouvert ses portes à Siwa, en Égypte. Fruit d’une construction artisanale et entièrement autonome en énergie, ce lieu unique rend hommage à la fascination de Beard pour le désert égyptien et son engagement envers la préservation de la beauté fragile de la nature.
L’inauguration a réuni des figures importantes du monde de l’archéologie, dont Zahi Hawass, ancien ministre des Antiquités d’Égypte, qui avait présenté Beard à Neamatalla, le fondateur du musée. Beard avait découvert Siwa en 2001 lors d’un voyage en famille avec sa fille Zara et sa femme, explorant également Louxor, Le Caire et Assouan, et y était retourné à plusieurs reprises.
Le musée, construit à la main avec la boue locale, abrite les photographies emblématiques de Beard, reconnaissables à leurs bordures peintes à la main par le Hog Ranch Art Department, un collectif d’artistes kenyans basé près des collines de Ngong, sur la propriété de Beard. Les visiteurs pourront également découvrir des pages extraites des célèbres journaux intimes de l’artiste, présentés comme de véritables collages, ainsi que des photographies personnelles de sa famille.
« Il n’est pas arrivé avec une conquête dans les yeux. Il est venu plutôt comme témoin », écrit Zara Beard dans le catalogue du musée. « Comme quelqu’un qui croyait que la beauté, lorsqu’elle est sur le point de disparaître, devient une sorte d’impératif moral. » Elle décrit la fascination de son père pour l’Égypte, un pays où les civilisations se superposent, où les vestiges du passé émergent du sable et où la légende de l’Oracle résonne à travers les siècles.
Selon l’annonce d’ouverture, le musée se veut « un hommage permanent à la vie de Peter Beard, à son séjour à Siwa, à son travail, et comme un témoignage vivant de la conviction que la beauté et la responsabilité envers la terre peuvent et doivent coexister ». L’héritage de Beard, bien que complexe, témoigne de sa clairvoyance et de sa profonde compréhension du monde, tant naturel qu’humain, confirmant sa place parmi les grands artistes du XXe siècle.
Le musée présente également un poème de Zara Beard, intitulé « For the Record of the Living » :
« Ce n’est pas le silence…
C’est le désert qui se souvient.
Il a rassemblé ce que le monde a choisi d’oublier,
Et je l’ai déposé dans du sang et du papier.
Le sel conserve ce que le temps ne peut pas
L’amour garde ce que la mort ne peut pas.
Entrez comme témoin.
La nature n’a pas disparu
Il n’y a qu’à attendre
A voir. »
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