Home Nouvellesun rassemblement pour protester contre la suppression de chèques alimentaires

un rassemblement pour protester contre la suppression de chèques alimentaires

by Nicolas Lefèvre

Une soixantaine de personnes ont manifesté samedi 8 novembre devant la sous-préfecture de la Marne, à Reims, pour dénoncer la suppression prochaine d’une aide alimentaire destinée aux personnes hébergées d’urgence. Cette décision, justifiée par des contraintes budgétaires, prive près de 200 bénéficiaires d’un chèque quotidien de 4 euros.

L’annonce de la fin de cette aide, effective à partir du 20 octobre 2025, a suscité l’indignation des associations rémoises de lutte contre la précarité. Le couperet est tombé le 10 octobre dernier, via un courrier du Service intégré d’accueil et d’orientation de la Marne (SIAO 51), expliquant que les restrictions budgétaires imposées par l’État obligeaient à concentrer les ressources sur le maintien des familles à l’hôtel.

Les 200 bénéficiaires concernés sont majoritairement des familles de réfugiés accueillies temporairement dans des hôtels du département. Ces 4 euros quotidiens leur permettaient d’acquérir de la nourriture et des produits d’hygiène de première nécessité. « C’était important pour moi de faire acte de présence aujourd’hui », témoigne Evelyne, une étudiante de 17 ans arrivée à Reims il y a quelques mois. « On est dans un contexte où les institutions sont de plus en plus oppressives et peu tolérantes envers les plus précaires. »

Fabien Tarrit, du collectif Sövkipeu, se dit « tombé de sa chaise » en apprenant la nouvelle. « Quatre euros par personne, ce n’est rien », déplore-t-il, dénonçant un choix qui « stigmatise les pauvres ». Il établit un parallèle avec les débats récents sur la répartition des richesses, évoquant « la théorie du ruissellement à l’envers : les ultrariches sont privilégiés et les plus précaires sont attaqués. »

Etienne Maquin, président de la Pépinière contre la précarité (PSCP 51), organisateur du rassemblement, qualifie la décision de « brutale et prise sans concertation », craignant qu’elle n’aggrave la situation de ces familles vulnérables. « Nous ne sommes pas en opposition avec les services de l’État », nuance-t-il, « nous souhaitons travailler en concertation avec eux. »

Le SIAO 51 propose aux bénéficiaires de se tourner vers d’autres associations rémoises, telles que le Secours Populaire ou les Restos du Cœur. Une solution jugée insuffisante par Etienne Maquin, qui estime que « le tissu associatif, pour le moment, n’est pas assez solide » pour absorber seul cette augmentation de la pauvreté. Il rappelle qu’une étude de la Fédération des acteurs de la solidarité, publiée le 6 octobre 2025, révélait qu’un quart des associations d’aide aux plus démunis étaient menacées de disparition en France en raison de difficultés financières.

Etienne Maquin a annoncé avoir obtenu un rendez-vous avec le sous-préfet de la Marne dans les « un ou deux prochains mois » pour discuter de la situation. En attendant, les associations mobilisées prévoient de maintenir la pression avec un nouveau rassemblement le jeudi 13 novembre 2025 à 18h30 devant l’Hôtel de Ville de Reims.

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