Publié le 9 novembre 2025. Un sommet mondial à Bangkok explore le potentiel de la médecine traditionnelle chinoise (MTC) combinée aux technologies de pointe pour relever les défis de santé publique, notamment face au cancer et aux maladies chroniques.
- La MTC, forte de millénaires de savoir, gagne une reconnaissance mondiale grâce à l’intégration de l’intelligence artificielle, de la biotechnologie et de la médecine régénérative.
- Des experts internationaux plaident pour une approche collaborative, intégrant les savoirs traditionnels et les innovations modernes pour améliorer l’accès aux soins et l’efficacité des traitements.
- Le sommet, organisé par la plateforme à but non lucratif « We Are The World », vise à établir une nouvelle « Route de la soie de la santé » favorisant le partage des connaissances et des innovations.
Bangkok accueille jusqu’au 11 novembre le Sommet mondial de coopération sur la fusion de la biosanté, de l’innovation en intelligence artificielle et de la médecine traditionnelle, baptisé « We Are The World » Bangkok 2025. L’événement rassemble des spécialistes du monde entier pour discuter des synergies possibles entre la MTC et les avancées technologiques dans le domaine de la santé.
Selon Adrian Cheng Chi-kong, entrepreneur hongkongais et cofondateur de la plateforme « We Are The World », la MTC connaît une reconnaissance croissante à l’échelle mondiale.
« En cette ère de progrès technologiques rapides, la médecine traditionnelle chinoise, avec ses millénaires de sagesse… a finalement gagné une reconnaissance mondiale au cours de la dernière décennie. »
Adrian Cheng Chi-kong, entrepreneur
Il souligne l’urgence de combiner la MTC avec des technologies de pointe pour répondre aux défis sanitaires majeurs, en particulier face à la prévalence croissante du cancer et des maladies non transmissibles.
Les chiffres sont alarmants : en 2022, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recensé environ 20 millions de nouveaux cas de cancer et 9,7 millions de décès liés à cette maladie en 2024. De plus, en 2021, au moins 43 millions de personnes sont décédées des suites de maladies non transmissibles, dont 73 % dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, selon une fiche d’information de l’OMS datée de septembre.
L’intégration des approches traditionnelles et modernes est perçue comme une voie prometteuse. Phinij Jarusombat, ancien vice-Premier ministre et ministre de la santé publique de Thaïlande, insiste sur la nécessité de dépasser les cloisonnements.
« J’ai toujours pensé que le véritable progrès en matière de soins de santé ne réside pas dans l’isolement, mais dans l’intégration de l’Est et de l’Ouest, de la tradition et de l’innovation, des secteurs public et privé. »
Phinij Jarusombat, ancien vice-Premier ministre et ministre de la santé publique de Thaïlande
Il reconnaît toutefois que des obstacles persistent pour assurer l’accès aux technologies les plus récentes pour les patients atteints de cancer, de maladies chroniques ou de troubles neurodégénératifs.
La Thaïlande ambitionne de devenir un centre médical régional, et Phinij Jarusombat estime que cette ambition ne pourra être atteinte qu’à travers la coopération internationale. Il met en avant les succès de la collaboration sino-thaïlandaise dans les domaines de la santé numérique, de la formation médicale et des investissements transfrontaliers. Il propose de construire une nouvelle « Route de la soie de la santé », permettant la libre circulation des connaissances, de l’innovation et des soins.
Yan Lijin, président du China Silk Road Group et vice-président exécutif du Congrès sur la culture de la médecine traditionnelle chinoise, a annoncé la collaboration de son organisation avec « We Are The World ».
« Cette collaboration est d’une grande importance car je crois que l’intégration profonde de la MTC avec la biotechnologie, la médecine régénérative et l’IA deviendra sans aucun doute la solution clé – aujourd’hui et à l’avenir – pour résoudre les problèmes tout au long du cycle de vie humain, du maintien de la santé au traitement des maladies. »
Yan Lijin, président du China Silk Road Group
Il souligne les atouts de la MTC – simplicité, praticité, accessibilité et efficacité – qui en font une option précieuse pour les communautés locales des régions moins développées.
Dans les pays développés, la MTC pourrait offrir des alternatives personnalisées pour la gestion des maladies chroniques, la réadaptation et la médecine intégrative. Des témoignages personnels, comme celui de Michael Chin, cofondateur de « We Are The World », illustrent les bénéfices potentiels de la MTC et de l’acupuncture, combinées à la médecine régénérative, dans le traitement de l’hypertension et des acouphènes.
Sranyoo Chanate, co-organisateur du WATW en Thaïlande et PDG de l’hôpital Kluaynamthai de Bangkok, a indiqué que son établissement utilise déjà la médecine traditionnelle thaïlandaise et chinoise pour soigner les personnes âgées. Il est convaincu que l’intégration de la médecine moderne et de la MTC représente l’avenir des soins de santé. Sorapoj Techakraisri, également co-organisateur du WATW et fondateur de la société thaïlandaise Pace Development Corp, espère que ce sommet permettra de favoriser l’accès à des solutions innovantes pour améliorer la santé des populations.