Plus de 16 000 doses du vaccin Ervebo sont arrivées à Kinshasa en République démocratique du Congo pour faire face à une flambée d’Ebola liée à la souche Bundibugyo.
La République démocratique du Congo (RDC) a reçu plus de 16 000 doses du vaccin Ervebo, transportées par avion et livrées à l’aéroport de Kinshasa, selon les observations rapportées sur place par l’agence de presse internationale. Cette cargaison initiale de 16 250 doses marque le début d’une distribution plus vaste destinée à endiguer la dix-septième épidémie d’Ebola de l’histoire du pays.
Une allocation de 70 000 doses administrée par l’ICG
Le gouvernement de la RDC avait sollicité la semaine précédente le déblocage de vaccins Ervebo issus du stock mondial d’urgence, géré par le Groupe international de coordination (GIC) pour l’approvisionnement en vaccins, d’après les informations communiquées par l’Organisation mondiale de la santé. Le GIC a rapidement validé la mise à disposition immédiate de 70 000 doses. Cette structure de coordination, créée en 1997 à la suite d’épidémies de méningite en Afrique, associe l’OMS, la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Médecins Sans Frontières et l’UNICEF pour garantir l’accès équitable aux vaccins d’urgence.
Essai clinique de phase 3 et protection contre la souche Bundibugyo
La répartition des 70 000 doses allouées répond à un double objectif scientifique et opérationnel. Cinquante mille doses sont réservées aux travailleurs de première ligne et aux professionnels de santé, conformément aux recommandations émises par le Groupe stratégique consultatif d’experts sur la vaccination de l’OMS. Les 20 000 doses restantes seront intégrées dans un essai clinique de phase 3 pour évaluer l’efficacité réelle du produit face au virus.


Cette étape est cruciale car l’épidémie actuelle est provoquée par l’espèce Bundibugyo, une souche pour laquelle il n’existe actuellement ni vaccin ni traitement approuvé. Le vaccin Ervebo est initialement homologué pour prévenir la maladie causée par la souche Zaïre.
Bien que les données préliminaires issues d’essais sur les animaux laissent entrevoir une protection croisée potentielle, les autorités sanitaires rappellent que des recherches cliniques rigoureuses demeurent indispensables. Le ministre congolais de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, a souligné lors de son allocution sur le tarmac de l’aéroport que le vaccin a déjà prouvé son utilité par le passé, notamment on a a very large scale lors de l’épidémie survenue entre 2018 et 2020.
Une propagation exponentielle dans un contexte sécuritaire tendu
La situation sanitaire sur le terrain demeure alarmante. Officiellement déclarée à la mi-mais, l’épidémie s’est propagée dans les régions septentrionales et orientales du pays. Les autorités et les experts soulignent que la transmission s’accélère à un rythme soutenu, le coordonnateur principal de l’ONU pour la riposte contre Ebola, Julien Harneis, ayant qualifié l’évolution de l’épidémie de is growing exponentially
.
| Indicateur épidémiologique | Données officielles |
|---|---|
| Cas confirmés | Près de 5 300 cas |
| Décès recensés | Plus de 2 500 décès |
| Doses reçues dans l’immédiat | 16 250 doses d’Ervebo |
| Total des doses allouées | 70 000 doses |
Les efforts déployés par les équipes médicales se heurtent à de multiples obstacles structurels. La persistance de conflits armés impliquant de nombreux groupes rebelles, la faiblesse de l’appareil d’État dans certaines zones reculées et les retards dans l’identification des cas compliquent l’endiguation du virus. Parallèlement, d’autres pistes vaccinales ciblant spécifiquement la souche Bundibugyo font l’objet d’évaluations, à l’instar d’un vaccin à ARNm développé par l’entreprise américaine Moderna, d’un projet mené par l’Université d’Oxford, et du candidat rVSV Bundibugyo
porté par Hilleman Laboratories à Singapour, qualifié par l’OMS comme l’une des options les plus prometteuses pour l’avenir.