Publié le 9 novembre 2025 à 19h41. La paralysie des négociations budgétaires aux États-Unis continue de perturber le transport aérien, avec des milliers de vols retardés ou annulés et la menace d’une réduction drastique des capacités si l’impasse persiste.
- Plus de 2 900 vols ont été annulés et 8 600 retardés ce dimanche aux États-Unis.
- Le secrétaire aux Transports, Sean Duffy, avertit que le trafic aérien pourrait être réduit à un niveau minimal si la fermeture du gouvernement se prolonge.
- Des discussions sont en cours au Sénat pour tenter de trouver un compromis budgétaire et mettre fin à la crise.
Les perturbations aériennes, qui durent depuis trois jours, s’intensifient alors que les négociations entre Républicains et Démocrates restent bloquées. Les aéroports les plus touchés enregistrent des retards moyens dépassant les deux heures, notamment à Newark, dans le New Jersey.
Sean Duffy a exprimé son inquiétude quant à l’impact potentiel sur les voyages de Thanksgiving, qui approchent à grands pas.
« Vous allez voir le transport aérien se réduire à un filet »,
Sean Duffy, secrétaire aux Transports
a-t-il déclaré à la chaîne CNN, ajoutant que de nombreux voyageurs pourraient se retrouver bloqués et incapables de rentrer chez eux.
La Federal Aviation Administration (FAA), l’agence fédérale de l’aviation, a annoncé qu’elle réduirait la capacité de transport aérien de 6 % ce week-end, et jusqu’à 10 % le week-end prochain, dans 40 des aéroports les plus fréquentés du pays. Ces réductions ne concernent pas les vols internationaux, mais certaines compagnies aériennes pourraient décider d’annuler également des liaisons transatlantiques.
La situation est aggravée par le manque de personnel des contrôleurs aériens, qui ne sont pas rémunérés pendant la fermeture du gouvernement. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, avait proposé l’intervention de contrôleurs aériens militaires, mais cette offre a été déclinée car ils ne sont pas certifiés pour diriger le trafic aérien civil.
Au-delà des perturbations aériennes, la fermeture du gouvernement affecte des centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux non payés. L’aide alimentaire destinée aux Américains à faible revenu est également compromise, l’administration n’autorisant que le versement de la moitié des prestations mensuelles.
Cette crise budgétaire, qui dure depuis 40 jours, est la plus longue de l’histoire des États-Unis. Les deux partis s’accusent mutuellement de bloquer les négociations. La Maison Blanche a dénoncé une « catastrophe provoquée par les Démocrates », tandis que Chuck Schumer, chef de la minorité sénatoriale, a accusé les Républicains de « jouer avec les moyens de subsistance des gens ».
Les Démocrates exigent l’inclusion de fonds pour les subventions à l’assurance maladie dans tout plan de dépenses, tandis que les Républicains souhaitent un financement gouvernemental sans conditions. Le président Donald Trump a même suggéré de verser directement de l’argent aux Américains pour qu’ils puissent souscrire une assurance maladie, plutôt que de financer les compagnies d’assurance.
Les sénateurs républicains travaillent actuellement sur un compromis qui pourrait débloquer la situation, avec un vote possible dimanche pour faire avancer la législation.