Publié le 9 novembre 2024 à 10h30. Des frappes ukrainiennes ont visé des infrastructures énergétiques dans deux villes russes frontalières, perturbant l’alimentation en électricité et en chauffage, tandis que Moscou affiche sa disponibilité à dialoguer avec Washington, sans pour autant renoncer à ses exigences territoriales en Ukraine.
- Des frappes de drones et de missiles ont touché les villes de Voronej et Belgorod, entraînant des pannes de courant et des coupures de chauffage.
- Le ministère russe de la Défense affirme avoir intercepté 44 drones, mais ne mentionne pas les incidents survenus à Voronej et Belgorod.
- Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s’est dit prêt à rencontrer le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, pour discuter de la situation en Ukraine.
Les villes de Voronej et Belgorod, situées à proximité de la frontière ukrainienne, ont été la cible de frappes ukrainiennes au cours du week-end, selon des responsables locaux russes. À Voronej, une attaque de drone a temporairement privé de courant et de chauffage une partie de la population, a indiqué le gouverneur de la région, Alexandre Goussev. Plusieurs drones auraient été neutralisés électroniquement, et un incendie s’est déclaré dans une installation électrique, rapidement maîtrisé. Des chaînes d’information russes et ukrainiennes sur Telegram suggèrent que la cible était une centrale thermique locale.
À Belgorod, une frappe de missile samedi soir a causé des « dégâts importants » aux systèmes électriques et de chauffage, affectant environ 20 000 foyers, selon le gouverneur local, Viatcheslav Gladkov. Cette ville de 340 000 habitants, chef-lieu de la région du même nom, est régulièrement touchée par les bombardements depuis le début du conflit.
Le ministère russe de la Défense a fait état de la destruction ou de l’interception de 44 drones ukrainiens au-dessus des régions de Briansk et Rostov, sans faire référence aux incidents survenus à Voronej et Belgorod, ni au nombre total de drones lancés par Kiev. Ces attaques s’inscrivent dans un contexte d’escalade des échanges de frappes entre Moscou et Kiev, qui visent mutuellement les infrastructures énergétiques.
L’Ukraine justifie ses frappes à longue portée sur les raffineries russes par la nécessité de priver Moscou des revenus pétroliers qui financent la guerre. La Russie, de son côté, cherche à paralyser le réseau électrique ukrainien, privant les civils de services essentiels comme le chauffage, l’électricité et l’eau courante, une stratégie dénoncée par Kiev comme une tentative de « transformer l’hiver en arme ».
Parallèlement, l’Ukraine a accusé la Russie de cibler délibérément des sous-stations électriques alimentant les centrales nucléaires de Khmelnytskyi et de Rivne. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a dénoncé sur X (anciennement Twitter) des frappes « non accidentelles » et a appelé à une réunion urgente du conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour évaluer les risques pour la sécurité nucléaire en Europe.
« La Russie a une fois de plus ciblé les sous-stations qui alimentent les centrales nucléaires de Khmelnytskyi et de Rivne. Il ne s’agissait pas de frappes accidentelles mais bien planifiées. La Russie met délibérément en danger la sécurité nucléaire en Europe. »
Andrii Sybiha, ministre ukrainien des Affaires étrangères
Sur le plan diplomatique, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a exprimé sa volonté de rencontrer le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, pour discuter de la guerre en Ukraine et des relations bilatérales. Cette ouverture intervient quelques semaines après l’abandon d’un projet de sommet entre les présidents russe et américain. Lavrov a souligné que toute solution durable doit tenir compte des « intérêts russes », notamment en ce qui concerne la Crimée, dont Moscou ne renoncera pas à l’annexion illégale de 2014.
« Le secrétaire d’État Marco Rubio et moi comprenons la nécessité d’une communication régulière. »
Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères
L’attitude hésitante de l’administration américaine, notamment celle du président Donald Trump, à engager des discussions directes avec Vladimir Poutine a été accueillie favorablement par certains dirigeants européens, craignant que Moscou ne cherche à gagner du temps sur le champ de bataille tout en simulant une volonté de négocier. L’Ukraine a réaffirmé sa disponibilité à un cessez-le-feu et à des pourparlers de paix directs, tandis que Moscou attend des conditions plus favorables.
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