Publié le 2024-02-29 10:00:00. Une nouvelle étude révèle que même une activité physique modérée, comme marcher quotidiennement, peut considérablement ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer, et ce, même avant l’apparition des premiers symptômes.
- Marcher seulement 3 000 pas par jour peut aider à freiner l’accumulation des protéines tau, un marqueur clé de la maladie d’Alzheimer.
- L’effet protecteur s’intensifie avec un nombre de pas quotidien compris entre 5 000 et 7 500.
- L’activité physique pourrait même potentialiser l’efficacité des nouvelles thérapies médicamenteuses ciblant la maladie.
L’activité physique s’impose comme un allié précieux dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer. Une recherche publiée dans la revue Nature Medicine démontre que l’exercice régulier ne se contente pas de réduire le risque de développer cette maladie neurodégénérative, mais peut également en ralentir la progression, et ce, même chez les personnes présentant déjà des dépôts de plaques bêta-amyloïdes dans le cerveau, signe précoce de la maladie.
L’étude, menée auprès d’environ 300 personnes âgées dont 88 affichaient déjà ces dépôts cérébraux, a mis en évidence un lien direct entre le nombre de pas quotidiens et l’accumulation de protéines tau, un autre marqueur important de la maladie. Les résultats indiquent qu’aussi peu que 3 000 pas par jour peuvent contribuer à ralentir ce processus. L’effet protecteur est d’autant plus marqué que l’activité physique est plus importante, avec un bénéfice optimal observé entre 5 000 et 7 500 pas par jour.
« L’activité physique semble ralentir la propagation des changements liés à la maladie d’Alzheimer au fil des années et protéger les performances mentales. De plus, l’activité libérerait des facteurs de croissance protecteurs qui auraient un effet positif sur le cerveau. »
Emrah Düzel, directeur de l’Institut de neurologie cognitive et de recherche sur la démence de l’hôpital universitaire de Magdebourg
Selon Steffi G. Riedel-Heller, directrice de l’Institut de médecine sociale, de médecine du travail et de santé publique de l’hôpital universitaire de Leipzig, ces découvertes sont particulièrement encourageantes à l’heure où de nouvelles approches thérapeutiques, telles que les thérapies par anticorps (lécanemab et donanemab), commencent à montrer des résultats prometteurs. Elle souligne que l’activité physique restera probablement un outil tout aussi efficace, mais plus sûr et accessible à tous.
« L’activité physique restera un outil potentiellement d’une efficacité comparable, mais sûr et largement efficace. »
Steffi G. Riedel-Heller, directrice de l’Institut de médecine sociale, de médecine du travail et de santé publique de l’hôpital universitaire de Leipzig
Les chercheurs suggèrent que l’exercice pourrait même amplifier l’efficacité de ces traitements médicamenteux. Pour les personnes qui n’ont pas accès à ces thérapies, l’activité physique demeure une stratégie de prévention accessible et à faible risque.
Il est toutefois important de noter que l’étude présente certaines limites. Le nombre de pas a été enregistré une seule fois, au début de la recherche, ce qui ne permet pas de suivre l’évolution de l’activité physique des participants sur toute la durée de l’étude. Le professeur Düzel met en garde contre une interprétation trop hâtive des résultats :
« Je ne conclurais certainement pas qu’il n’est pas nécessaire de faire plus d’exercice. »
Emrah Düzel, directeur de l’Institut de neurologie cognitive et de recherche sur la démence de l’hôpital universitaire de Magdebourg
Il estime qu’une activité physique plus intense, comme le jogging ou la danse, pourrait engendrer des effets bénéfiques supplémentaires sur la santé cérébrale.
Au-delà de l’activité physique, d’autres facteurs liés au mode de vie, tels qu’une activité mentale et sociale stimulante, une alimentation équilibrée et une consommation modérée d’alcool, jouent également un rôle crucial dans la préservation de la santé cérébrale. René Thyrian, du Centre allemand des maladies neurodégénératives (DZNE), recommande d’intégrer l’exercice de manière régulière et personnalisée dans son quotidien, en privilégiant l’exploration de nouveaux environnements pour maximiser les bénéfices cognitifs.
Source : Nature Medicine (Wai-Ying Wendy Yau, Jasmeer P. Chhatwal), hôpital universitaire de Magdebourg, hôpital universitaire de Leipzig, DZNE
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