Publié le 2024-11-10 05:05:00. De plus en plus d’enfants aux Pays-Bas éprouvent des difficultés à obtenir leur diplôme de natation, en particulier ceux issus de milieux défavorisés, ce qui relance le débat sur l’accès aux cours et la possible réintroduction de la natation scolaire.
- Seul 38 % des élèves du primaire néerlandais savent nager, un chiffre en augmentation mais insuffisant.
- Les enfants issus de familles à faibles revenus ou d’origine immigrée sont particulièrement concernés, avec un taux d’échec de 40 %.
- La fondation Leergeld Nederland constate une forte augmentation des demandes d’aide financière pour les cours de natation.
Selon une étude biennale menée depuis 2012 par un institut de recherche pour le compte du ministère de la Santé, du Bien-être et des Sports (VWS), la proportion d’élèves du primaire capables de nager est passée de 27 % à 38 %. Malgré cette amélioration, 14 % des enfants restent sans diplôme de natation, un chiffre qui fluctue mais reste préoccupant.
Les inégalités sociales sont particulièrement flagrantes. L’étude révèle que 40 % des enfants issus de familles à faibles revenus ou d’origine immigrée ne savent pas nager, contre seulement 5 % pour les enfants issus des familles les plus aisées. Arjan de Vries, directeur du Conseil néerlandais pour la sécurité de la natation (NRZ), souligne l’urgence d’agir :
« Nous sommes favorables à ce que chaque enfant puisse suivre des cours de natation. Les finances ne devraient pas être une raison pour laquelle les enfants ne savent pas nager, mais c’est désormais le cas. »
Arjan de Vries, directeur du NRZ
Plusieurs dispositifs d’aide financière existent pour permettre aux familles en difficulté de financer les cours de natation de leurs enfants. La fondation Leergeld Nederland, par exemple, a accompagné environ 25 000 enfants en 2024, un nombre en constante augmentation. Elle consacre chaque année environ cinq millions d’euros à cette cause. Cependant, l’accès à ces aides est complexe et varie considérablement d’une municipalité à l’autre, ce qui crée de la confusion. Le NRZ et Leergeld Nederland plaident donc pour la mise en place d’un système centralisé de dépôt des candidatures, afin de simplifier les démarches et d’assurer une plus grande transparence.
Parallèlement, la question de la natation scolaire est de nouveau sur le devant de la scène. En 2023, Vincent Karremans, alors secrétaire d’État à la Jeunesse, à la Prévention et au Sport, a étudié la possibilité de rendre la natation obligatoire à l’école, comme elle l’était jusqu’en 1985. Cependant, il a finalement décidé que cette mesure était trop coûteuse, estimant les dépenses annuelles entre 38 et 145 millions d’euros. Il avait alors estimé que les écoles devaient se concentrer sur les compétences de base telles que la lecture, l’écriture et le calcul.
Enfin, une tendance inquiétante est observée : la diminution de la motricité des enfants rend l’apprentissage de la natation plus difficile et allonge la durée nécessaire pour obtenir un diplôme. Dans une piscine de Heerlen, dans le sud du Limbourg, des cours de gymnastique spécifiques sont proposés aux enfants pour améliorer leur coordination et faciliter leur apprentissage de la natation.