Publié le 11 novembre 2023 11h45. Des intrusions de drones se multiplient au-dessus de sites sensibles en Belgique, perturbant le trafic aérien et suscitant des inquiétudes quant à la sécurité du territoire. Les autorités belges ont sollicité l’aide du Royaume-Uni pour renforcer leur défense contre ces engins.
La Belgique est confrontée à une série d’incidents impliquant des drones, notamment au-dessus de la centrale nucléaire de Doel, située au nord du pays, ce dimanche soir. Selon Hellen Smeets, porte-parole de l’entreprise française Engie, responsable de l’usine, ces survols n’ont toutefois pas affecté le fonctionnement de l’installation.
Parallèlement, des drones ont été détectés au-dessus de l’aéroport de Liège, entraînant une interruption temporaire du trafic aérien. La première alerte a été donnée vers 19h30 (18h30 GMT), suivie de la confirmation de la présence de deux appareils supplémentaires vers 19h45 (18h45 GMT). Le trafic a pu reprendre vers 20h25 (19h25 GMT), selon l’agence de presse belge.
Ces événements s’inscrivent dans un contexte d’augmentation des incursions de drones dans l’espace aérien belge, ciblant des infrastructures sensibles telles que des bases militaires et des aéroports. La semaine dernière, les aéroports de Bruxelles-Zaventem et de Liège ont dû interrompre leur activité pendant plus d’une heure en raison de la présence de véhicules sans pilote, comme l’a rapporté la radio et la télévision publiques RTBF.
Face à cette situation, l’armée belge a reçu l’autorisation d’abattre ces engins « si cela peut être fait en toute sécurité et sans causer de dommages collatéraux », ont confirmé des porte-parole militaires. Un plan de réponse accélérée est également en cours d’élaboration.
Le gouvernement belge a annoncé vendredi l’allocation d’un budget de 50 millions d’euros pour renforcer sa défense contre les drones. Cette initiative bénéficiera du soutien de l’armée allemande et, désormais, du Royaume-Uni.
Le nouveau chef d’état-major de la défense britannique, le maréchal de l’air Richard Knighton, a déclaré ce dimanche à la BBC que, suite à une demande d’aide de son homologue belge, il avait accepté, avec l’accord du ministre de la Défense John Healey, de déployer du personnel et du matériel britanniques en Belgique, en coordination avec l’OTAN. BBC Knighton a souligné l’engagement du Royaume-Uni et des autres pays membres de l’organisation à se soutenir mutuellement dans de telles situations, précisant que le déploiement des troupes britanniques avait déjà commencé.
Des responsables politiques belges et allemands ont suggéré que la Russie pourrait être à l’origine de ces opérations, ce que le gouvernement de Moscou nie fermement. Le ministre belge de la Défense, Théo Francken, a évoqué dans une interview sur la chaîne de télévision locale VTM la possibilité que ces vols de drones au-dessus de bases militaires et d’aéroports soient des tentatives d’espionnage russe, similaires à des incidents observés dans les pays baltes et en Europe de l’Est. Il a toutefois reconnu que les autorités « ne disposent pas, pour l’instant, d’informations concrètes sur l’origine des drones ».
D’autres pays européens, tels que le Danemark, la Norvège et la Suède, ont également signalé des incidents similaires ces derniers mois.
La police fédérale belge dispose depuis quatre ans d’une équipe spécialisée dans la détection et la neutralisation des drones considérés comme « hostiles », composée de « trente agents certifiés », « deux antennes », « quatre brouilleurs de signaux » et « trois lanceurs de filets », selon le journal Le Soir. Cependant, une source interne a indiqué au même journal que cette équipe n’avait pas été déployée lors de la récente violation de l’espace aérien de la capitale belge, et l’agence Belga a souligné que les autorités avaient tardé à envisager l’utilisation de ces moyens.