Publié le 10 novembre 2025 13h30. Une étude menée à l’hôpital général des anciens combattants de Taipei a examiné les changements du flux sanguin cérébral (CBF) chez les patients atteints du syndrome de vasoconstriction cérébrale réversible (RCVS), une affection rare et souvent invalidante, afin de mieux comprendre ses mécanismes et d’optimiser les traitements.
- L’étude a porté sur 281 patients atteints de RCVS et 35 sujets témoins sains.
- Les chercheurs ont utilisé l’imagerie par résonance magnétique (IRM) pour évaluer le CBF et ont constaté des altérations significatives chez les patients atteints de RCVS, en particulier au stade aigu de la maladie.
- L’étude a également examiné l’impact potentiel du nimodipine, un médicament couramment utilisé pour traiter le RCVS, sur le CBF.
Le syndrome de vasoconstriction cérébrale réversible (RCVS) est une affection neurologique caractérisée par un rétrécissement temporaire des vaisseaux sanguins cérébraux, entraînant des maux de tête sévères et, dans certains cas, des accidents vasculaires cérébraux. Bien que généralement réversible, le RCVS peut avoir des conséquences importantes sur la qualité de vie des patients. Cette nouvelle recherche, menée par une équipe de l’hôpital général des anciens combattants de Taipei, vise à approfondir la compréhension des changements hémodynamiques et fonctionnels associés à cette maladie.
Les patients atteints de RCVS ont été recrutés prospectivement dans les cliniques de céphalées et le service des urgences de l’hôpital entre juin 2018 et avril 2023. Le diagnostic de RCVS a été établi conformément aux critères de la Classification internationale des céphalées, 3e édition (ICHD-3) 22. Les patients ont été classés en deux groupes : RCVS aigu (aRCVS) pour ceux présentant des céphalées apparaissant à un intervalle de moins de 30 jours sur IRM, et RCVS en rémission (rRCVS) pour ceux présentant des symptômes depuis plus de 90 jours. Le diagnostic a été confirmé par trois spécialistes des céphalées expérimentés (YFW, SJW et SPC).
Tous les participants ont subi des examens neurologiques détaillés et ont rempli des questionnaires approfondis sur leurs maux de tête. Bien que tous les patients atteints de RCVS aient été traités avec du nimodipine 24, certains patients aRCVS ont reçu du nimodipine avant l’IRM en raison de la gravité de leurs maux de tête en coup de tonnerre, qui ne répondaient pas aux autres analgésiques 6, 21, 23.
Des sujets témoins sains (HC) ont également été recrutés dans les communautés avoisinantes, en excluant ceux présentant des troubles psychiatriques connus, des déficits neurologiques majeurs ou des antécédents familiaux de céphalées sévères.
La taille de l’échantillon a été déterminée par une analyse de puissance, visant un total de 310 sujets. En raison des contraintes liées à la pandémie de COVID-19, l’objectif de recrutement a été ajusté à 280 patients RCVS et 30 témoins sains, afin de garantir la faisabilité de l’étude.
Tous les examens IRM ont été réalisés sur une machine 3 Tesla (3T) avec une bobine de tête à 8 canaux (MR750, GE Healthcare, Milwaukee, WI). Les données de flux sanguin cérébral (CBF) ont été acquises par imagerie par résonance magnétique à étiquetage par phase (pCASL). D’autres protocoles IRM comprenaient une séquence d’impulsions d’écho à gradient gâté rapide de récupération par inversion atténuée par fluide tridimensionnel pondéré en T1, une angiographie par IRM à temps de vol (TOF-MRA) et une inversion-récupération à atténuation par fluide T2 (T2-FLAIR).
Les analyses statistiques ont été effectuées à l’aide de la cartographie paramétrique statistique (SPM12) dans l’environnement MATLAB (version R2016a ; MathWorks, Natick, MA). Les chercheurs ont évalué les modifications du CBF entre les groupes de patients et de témoins sains, ainsi que les changements longitudinaux chez les patients atteints de RCVS. Des analyses de fenêtre glissante ont été utilisées pour examiner les changements spatio-temporels du CBF au cours du temps.
Les résultats ont révélé des altérations significatives du CBF chez les patients atteints de RCVS, en particulier au stade aigu de la maladie. Des corrélations ont été observées entre le CBF et les paramètres vasculaires et cliniques, notamment la vitesse des artères cérébrales moyennes (ACM) et des artères carotides internes (ACI). L’étude a également suggéré que le nimodipine pourrait avoir un impact sur le CBF chez les patients atteints d’aRCVS.
Cette étude contribue à une meilleure compréhension des mécanismes physiopathologiques du RCVS et pourrait aider à développer des stratégies de traitement plus efficaces. Les chercheurs soulignent la nécessité de poursuivre les recherches pour identifier les biomarqueurs prédictifs de la réponse au traitement et pour améliorer la prise en charge des patients atteints de cette affection complexe.
Les cartes statistiques sans seuil sont disponibles sur le site Web de NeuroVault : https://neurovault.org/collections/20402/.
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