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Où la Saint-Martin est-elle célébrée et où ne l’est-on pas ? Voir la carte

by Nicolas Lefèvre

Publié le 11 novembre 2024. La Saint-Martin, fête populaire aux origines catholiques, reste bien vivante dans de nombreuses communes néerlandaises, notamment grâce aux traditions enfantines comme les lanternes et le porte-à-porte, bien que sa célébration soit très inégale sur le territoire.

  • La Saint-Martin est particulièrement célébrée dans le nord des Pays-Bas, mais moins dans les provinces catholiques comme le Brabant-Septentrional et la Zélande.
  • Cette fête trouve son origine dans l’histoire de Saint Martin, évêque de Tours au IVe siècle, connu pour avoir partagé son manteau avec un mendiant.
  • Les écoles Waldorf jouent un rôle important dans la préservation de cette tradition, même dans les communes où elle est moins répandue.

Chaque année, le 11 novembre, de nombreux enfants aux Pays-Bas déambulent dans les rues, lanternes à la main, chantant pour obtenir des friandises. Dans certaines villes, comme Venlo et ses environs, des défilés illuminés accompagnent cette tradition séculaire. Mais cette fête, liée à Saint Martin, évêque de Tours au IVe siècle, n’est pas célébrée de la même manière partout dans le pays.

Une récente enquête menée par RTL Nieuws auprès de ses lecteurs a mis en évidence cette disparité géographique. La carte interactive qui en résulte montre une concentration de célébrations dans le nord des Pays-Bas, tandis que le Brabant-Septentrional et la Zélande semblent moins concernés. Pourquoi une telle différence dans un pays où le catholicisme a longtemps été influent ?

Selon la professeure Irene Stengs, chercheuse en ethnologie à l’Institut Meertens et professeure de culture rituelle et populaire à la Vrije Universiteit, l’explication réside dans l’évolution historique de la fête. Dans les provinces catholiques, la Saint-Martin est restée principalement une affaire religieuse, tandis que dans d’autres régions, elle s’est transformée en une fête pour les enfants, débarrassée de son aspect spirituel.

« La fête a pris un caractère laïque. Elle n’a plus rien à voir avec le catholicisme. »

Irene Stengs, professeure de culture rituelle et populaire à la Vrije Universiteit

L’histoire de Saint Martin, un homme qui partagea son manteau avec un mendiant, est au cœur de cette tradition. Selon la légende, le Christ lui apparut en rêve, portant la moitié du manteau, l’incitant à consacrer sa vie aux plus démunis. Aujourd’hui, même si l’aspect religieux s’est estompé, l’idée de partage demeure centrale dans la célébration de la Saint-Martin.

Outre les écoles Waldorf, qui perpétuent la tradition à travers des pièces de théâtre et des chants, d’autres fêtes régionales et locales contribuent à la richesse du patrimoine néerlandais. L’Épiphanie, célébrée principalement dans le sud, ou le Luilak, fêté le samedi avant la Pentecôte en Hollande-Septentrionale, en sont des exemples.

Ces dernières années, l’influence d’Halloween, célébrée le 31 octobre, a également été observée dans certaines régions où la Saint-Martin est moins présente. La professeure Stengs note une certaine confusion entre les deux fêtes, notamment chez les enfants qui se déguisent en sorcières pour faire le porte-à-porte.

« Les fêtes ont un effet associatif, ce qui montre pourquoi elles peuvent changer tout en restant convaincantes. »

Irene Stengs, professeure de culture rituelle et populaire à la Vrije Universiteit

Quant aux chants traditionnels, certains ont disparu au fil du temps, tandis que d’autres, comme Sinte Maarten, / Les veaux (vaches) portent des queues dans Un homme riche vit ici, / qui peut donner naissance à un poulain, sont encore connus aujourd’hui, bien que souvent sous une forme abrégée. La professeure Stengs observe que la chanson « Les vaches ont une queue » est de moins en moins chantée dans son intégralité, les enfants se contentant de quelques phrases courtes.

Pour ceux qui se prêtent à la tradition ce soir, un peu de variété dans les chants est toujours appréciable. Et gare à ceux qui ne répondent pas à la porte ! Comme le rappelait la professeure Stengs, certains chants anciens incluaient des vers comme : Miss Frogleg vit ici, et elle ne veut jamais rien nous donner…

Pour en savoir plus sur l’histoire de Saint-Martin, vous pouvez consulter cet article de RTL Nieuws.

Des informations sur le défilé de Saint-Martin à Venlo sont disponibles sur ce site d’actualités locales.

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