Publié le 10 novembre 2025 à 15h45. Les prisons équatoriennes sont à nouveau le théâtre de violences extrêmes, avec la découverte de 31 corps dans l’établissement pénitentiaire de Machala, dont 27 morts par pendaison, révélant une crise sécuritaire profonde et le contrôle croissant des gangs sur les centres de détention.
- Au moins 31 détenus sont morts et 34 autres ont été blessés lors d’émeutes dans la prison de Machala, dans le sud de l’Équateur.
- 27 des décès sont dus à des pendaisons, selon les autorités.
- Ces événements s’ajoutent à une série d’incidents similaires depuis 2021, avec près de 500 décès liés à la violence dans les prisons équatoriennes.
La prison de Machala, qui compte actuellement environ 1 400 détenus pour une capacité de 800, a été le théâtre d’affrontements sanglants entre bandes criminelles. Le 22 septembre dernier, 14 personnes, dont un gardien de prison, y avaient déjà perdu la vie lors d’une précédente émeute. Ces événements illustrent la perte de contrôle des autorités sur les établissements pénitentiaires et la puissance grandissante des organisations criminelles à l’intérieur des murs.
Selon le Service National d’Attention Intégrale aux Adultes Privés de Liberté et aux Adolescents Délinquants (SNAI), les émeutes de ce week-end sont liées à une tentative de réorganisation des détenus en vue d’un transfert vers la nouvelle prison à sécurité maximale de Santa Elena, dont l’inauguration est prévue dans les prochains jours. Cette prison, conçue pour accueillir jusqu’à 800 détenus considérés comme les plus dangereux, suscite l’opposition de nombreux chefs de gangs qui refusent d’y être transférés.
La situation est d’autant plus préoccupante qu’elle intervient dans un contexte de montée de la criminalité en Équateur et de lutte contre le trafic de drogue. Le président équatorien, Daniel Noboa, a déclaré l’état d’urgence dans dix provinces du pays, dont El Oro où se trouve Machala, en octobre dernier. De plus, un référendum est prévu le 16 novembre, proposant notamment l’installation de bases militaires américaines sur le territoire équatorien afin de renforcer la lutte contre les cartels.
Les événements de Machala ne sont pas isolés. Depuis 2021, près de 500 décès ont été enregistrés dans les prisons équatoriennes, témoignant d’une crise sécuritaire profonde. Le point culminant de cette violence avait été atteint en septembre 2021, avec 119 morts lors d’affrontements entre bandes rivales au Centre de privation de liberté numéro 1 de Guayaquil.
Plusieurs analystes soulignent que les prisons équatoriennes sont devenues des centres de contrôle du trafic de drogue. Jorge Núñez, professeur d’université et expert en questions de sécurité, expliquait en 2023 à BBC Mundo :
« En Équateur, l’origine des bandes criminelles qui opèrent actuellement dans le pays se trouvait dans les prisons. »
Jorge Núñez, professeur d’université et expert en questions de sécurité
Les autorités équatoriennes ont réaffirmé leur détermination à garantir la sécurité à l’intérieur et à l’extérieur des prisons, et ont annoncé la poursuite des transferts vers la nouvelle prison de Santa Elena, malgré les réticences des chefs de gangs.
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