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Le Mexique publie des règlements sur la loi sur le secteur de l’électricité | Connaissances

by Amélie Bernard

Publié le 10 novembre 2025 18h23. Le gouvernement mexicain a publié un nouveau règlement pour le secteur électrique, renforçant le rôle de l’État et modifiant les règles d’investissement et de production d’énergie, une initiative qui suscite des interrogations sur l’avenir du marché de l’énergie dans le pays.

  • Le nouveau règlement, publié au Journal officiel de la Fédération (DOF) le 3 octobre 2025, établit un cadre de planification contraignante pour tous les projets électriques, donnant la priorité aux investissements de l’État.
  • Il confirme la Commission fédérale de l’électricité (CFE) comme acteur central du secteur et introduit des règles spécifiques pour l’auto-approvisionnement et le stockage d’énergie.
  • Le règlement vise à aligner le développement du secteur électrique sur les objectifs de transition énergétique du Mexique, tout en assurant la sécurité et la fiabilité du système.

Ce nouveau règlement, connu sous le nom de Règlement de la loi sur le secteur électrique (RLSE), fait suite à une directive publiée le 31 octobre 2024 et rétablit les pouvoirs et responsabilités de la Secrétaire à l’Énergie (SENER), de la Commission nationale de l’énergie (CNE) et du Centre National de Maîtrise de l’Energie (CENACE), tels qu’ils étaient définis en 2014.

L’un des aspects clés du RLSE est l’obligation pour tous les projets électriques de s’intégrer au Plan de développement du secteur électrique (PLADESE). Ce plan, conformément à la Loi de l’Aménagement et de la Transition Energétique, prendra en compte la demande d’électricité, les prix des combustibles, les objectifs d’énergies propres, ainsi que des considérations de justice énergétique et de prédominance de l’État dans la production d’électricité. La SENER pourra désigner des projets stratégiques bénéficiant de procédures administratives simplifiées afin d’accélérer leur mise en œuvre. La CFE devra par ailleurs soumettre des rapports trimestriels sur les infrastructures de transport et de distribution à la SENER, à la CNE et au CENACE.

En matière de production et d’auto-approvisionnement, le RLSE précise que les producteurs assument les risques liés à leurs installations, à l’exception des cas de force majeure. La production distribuée est reconnue comme un outil de justice énergétique, favorisant la décentralisation du système. Concernant l’auto-approvisionnement, deux schémas sont prévus : un schéma isolé et un schéma interconnecté, tous deux soumis à autorisation de la CNE. Les projets d’auto-approvisionnement isolés d’une capacité inférieure à 20 mégawatts (MW) sont exemptés de déclaration d’impact social, tandis que les ventes d’énergie excédentaire dans le cadre de l’auto-approvisionnement interconnecté sont réservées à la CFE. Un registre des utilisateurs d’auto-approvisionnement sera tenu par la CNE.

Le règlement encadre également le marché de gros de l’électricité (MEM), soumettant les centrales électriques participantes au PLADESE et aux capacités d’interconnexion définies par la CENACE. L’État, à travers la CFE et d’autres entités publiques, est autorisé à développer des projets de production et de modernisation, en privilégiant la participation de la CFE en tant que fournisseur de services de base. Les projets mixtes, impliquant des acteurs publics et privés, sont autorisés, mais la CFE devra détenir au moins 54 % du capital du véhicule juridique ou financier, par le biais d’apports en numéraire ou en nature, dans un délai de 180 jours ouvrables suivant le début des opérations commerciales.

Enfin, le RLSE intègre l’électromobilité comme élément stratégique de l’infrastructure électrique nationale, définissant les infrastructures de recharge. La SENER pourra établir des mécanismes de promotion et de planification pour ces infrastructures, en privilégiant les transports publics et l’utilisation d’énergie propre. Les systèmes de stockage d’énergie électrique (SAE) pourront participer à des activités de production, de commercialisation ou de transport, renforçant la fiabilité du système. Les SAE raccordées au réseau national seront considérées comme faisant partie de l’infrastructure exclusive de la CFE et fonctionneront selon les instructions de la CENACE.

Le RLSE est entré en vigueur le lendemain de sa publication au DOF, abrogeant le règlement de 2014 et établissant un nouveau cadre opérationnel centré sur l’État. Les dispositions antérieures restent applicables uniquement si elles ne sont pas incompatibles avec la nouvelle réglementation. Le règlement prévoit notamment la mise à jour des règles du marché, la migration des anciens permis, la publication des exigences en matière d’énergie propre pour 2025-2028 et la réglementation des SAE.


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