Des manifestants ont brièvement occupé une zone sécurisée de la COP30 à Belém mardi soir, après s’être séparés d’une marche pour la santé et le climat. L’incident, qui a entraîné de légers blessés parmi les agents de sécurité et des dégâts matériels mineurs, souligne les tensions entourant la conférence sur le climat et les revendications croissantes pour une action plus ambitieuse.
L’intrusion s’est produite après que le groupe, scandant des slogans tels que « Taxer les milliardaires, c’est eux qui sont responsables de la chaleur ! » et dénonçant l’exploitation pétrolière dans le bassin de Foz do Amazonas, a réussi à pénétrer dans le Parque da Cidade, le site de l’événement. Les manifestants ont ensuite forcé l’entrée de la zone d’accréditation, avant d’être repoussés par les agents de sécurité de la CCNUCC (Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques).
Selon un porte-parole de la CCNUCC, deux gardes de sécurité ont été légèrement blessés et le site a subi des dégâts superficiels. « L’équipe de sécurité brésilienne et celle de l’ONU ont pris des mesures pour protéger le site, en suivant tous les protocoles de sécurité établis », a-t-il déclaré. « Les autorités du gouvernement brésilien et de l’ONU enquêtent sur l’incident. Le site est sûr et les négociations de la COP se poursuivent. »
Des manifestants ont également affirmé que des femmes avaient été traitées violemment par les agents de sécurité. Le chaman Nato Tupinambá, présent sur les lieux, a déclaré : « Le gouvernement ment en disant que l’Amazonie va bien, que les indigènes vont bien. Si nous étions en bonne santé, nous ne serions pas là pour l’exiger. »
L’incident a débuté lorsqu’un groupe s’est détaché de la Marche mondiale pour la santé et le climat, une mobilisation pacifique qui avait quitté l’Ambassade du Peuple, à environ trois kilomètres de la zone bleue. Les organisations à l’origine de la marche ont affirmé n’avoir aucun lien avec l’intrusion à la COP30, soulignant que leur action était publique et avait été préalablement communiquée aux autorités.
La zone bleue, administrée par l’ONU, est soumise à des règles strictes concernant les manifestations et les rassemblements non autorisés. La sécurité du site est assurée par des professionnels engagés par les Nations Unies, avec le soutien des forces armées brésiliennes dans le cadre d’une Garantie de l’ordre public (GLO) décrétée par le gouvernement Lula.
Cette édition de la COP30 est la première depuis trois ans à se tenir dans un pays où les manifestations populaires ne sont pas réprimées, un fait salué par le gouvernement brésilien comme un signe de son engagement envers la démocratie et la participation de la société civile.
Le président de la COP30, l’ambassadeur André Corrêa do Lago, ne se trouvait pas dans la zone bleue au moment de l’incident. Les manifestants ont demandé la restitution de leurs effets personnels, notamment des sacs à main, des téléphones portables et un drapeau palestinien, perdus lors de la confusion.