Publié le 12 novembre 2025 à 11h35. L’ouverture du point de passage de Zikim, situé à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, permet désormais l’acheminement de l’aide humanitaire vers le nord de l’enclave palestinienne, une zone particulièrement touchée par les pénuries. Cette décision, prise sous l’égide du gouvernement israélien, intervient alors que les organisations internationales tirent la sonnette d’alarme sur la situation humanitaire critique à Gaza.
- Le point de passage de Zikim est désormais ouvert aux camions d’aide humanitaire, rejoignant Kerem Shalom et Kissufim.
- L’acheminement de l’aide reste soumis à des contrôles de sécurité stricts.
- Le nord de Gaza est confronté à des conditions de famine, selon l’ONU, une affirmation contestée par Israël.
L’agence du ministère israélien de la Défense en charge des affaires civiles dans les territoires palestiniens, le COGAT (Coordination des activités gouvernementales dans les territoires), a annoncé ce mercredi l’ouverture du point de passage de Zikim pour permettre l’entrée de camions d’aide humanitaire dans la bande de Gaza. Cette décision fait suite aux instructions du gouvernement israélien, a précisé le COGAT sur son compte X (anciennement Twitter).
Jusqu’à présent, seuls les points de passage de Kerem Shalom, au sud-est, et de Kissufim, au centre, étaient opérationnels pour la livraison d’aide. Selon les organisations humanitaires travaillant sur le terrain, citées par l’agence de presse EFE, l’ouverture de Zikim est cruciale pour atteindre les populations du nord de Gaza, coupées de l’aide depuis la fermeture du terminal le 12 septembre.
Un porte-parole du COGAT a indiqué à l’AFP que le terminal de Zikim resterait ouvert « en permanence », à l’instar de Kerem Shalom, qui assure depuis le début de la guerre, déclenchée après les attaques du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, l’essentiel du transit de l’aide humanitaire. L’aide entrant par Zikim sera toutefois soumise aux contrôles de sécurité habituels avant d’être autorisée à pénétrer sur le territoire palestinien.
Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) avait déjà souligné en octobre son incapacité à acheminer des livraisons dans le nord de Gaza suite à la fermeture de ce point de passage. Les travailleurs humanitaires dénoncent les difficultés rencontrées pour acheminer l’aide en raison des contrôles de sécurité israéliens et des restrictions sur l’entrée de certains biens.
Une fois à l’intérieur de Gaza, la distribution de l’aide est également entravée par la destruction des infrastructures et le risque de pillage. Dans un récent rapport de situation, le Bureau des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a insisté sur la nécessité d’ouvrir des passages directs vers le nord pour garantir un acheminement rapide et suffisant de l’aide aux populations.
« L’ouverture de passages directs vers le nord est vitale pour garantir qu’une aide suffisante parvienne aux populations le plus rapidement possible. »
OCHA
En août dernier, une entité liée à l’ONU avait confirmé que le nord de Gaza était confronté à des conditions de famine, une information que le COGAT a réfutée.
La guerre et le blocus des passages ont perduré jusqu’au 10 octobre, date de mise en œuvre du cessez-le-feu et de la réouverture partielle de certaines frontières à l’entrée de fournitures et de marchandises humanitaires.
Cependant, le point de passage de Rafah, situé dans le sud de Gaza et sous contrôle israélien, reste fermé. Ce point de passage était, avant sa fermeture, la seule porte d’entrée vers le monde pour les personnes et les marchandises non contrôlées par Israël. Son ouverture faisait partie des propositions du plan de paix promu par l’ancien président américain Donald Trump, qui soutenait la cessation des hostilités.
Des dizaines de combattants du Hamas, estimés à quelques centaines par l’armée israélienne, restent retranchés à Rafah, où des incidents ont eu lieu avec les troupes israéliennes depuis le cessez-le-feu. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a déclaré que la réouverture du terminal de Rafah serait conditionnée au rapatriement des otages détenus par le Hamas et à la mise en œuvre des accords conclus.
Par ailleurs, l’Autorité nationale palestinienne (ANP) a dénoncé hier le fait que le nombre de camions d’aide entrant dans la bande de Gaza ne représente que 41 % de ce qui avait été convenu avec Israël dans le cadre du cessez-le-feu, un volume jugé « bien inférieur » aux besoins humanitaires de l’enclave palestinienne. Les autorités palestiniennes estiment qu’entre début octobre et la première semaine de novembre, 9 424 camions humanitaires sont entrés à Gaza, soit environ 348 transports par jour.
Selon les termes du cessez-le-feu négocié par le président américain Donald Trump et ratifié par les deux parties, entre 500 et 600 camions d’aide par jour devraient entrer à Gaza. Le PAM a signalé il y a trois semaines, douze jours après l’entrée en vigueur de l’accord, que seulement 750 tonnes d’aide arrivaient quotidiennement, alors que 2 000 tonnes étaient nécessaires, notamment dans le nord, où un demi-million de personnes ont été officiellement déclarées en état de « famine » par l’ONU en août dernier, une situation que Israël conteste.
rml (afp, efe)
Pour aller plus loin
- US embassies issue alerts after Trump vows to hit Iran ‘hard
- EN DIRECT, guerre au Moyen-Orient : Donald Trump assure retenir des frappes contre l’Iran à la
- Le Conseil de Paix Publie un Plan pour le Désarmement du Hamas à Gaza (nouvelles-du-monde.com)
- Retrait des troupes, désarmement… Ce que l’on sait de l’accord entre Israël et le Hamas (lederniereheure.com)
