Publié le 12 novembre 2025 17:44:00. L’Espagne est confrontée à une nouvelle vague de grippe aviaire, qui a conduit les autorités à ordonner le confinement des volailles en plein air dans les zones les plus à risque afin de limiter la propagation du virus.
- Le ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation (MAPA) a décrété le confinement obligatoire des poulets élevés en plein air dans les zones à haut risque.
- Entre le 1er juillet et le 5 novembre 2025, 139 foyers de grippe aviaire hautement pathogène (IAHP) ont été recensés chez les volailles, 708 chez les oiseaux sauvages et 33 chez les oiseaux captifs.
- Les zones les plus touchées se situent le long des corridors migratoires et des zones côtières, notamment en Andalousie, en Communauté valencienne et en Catalogne.
L’Espagne est en état d’alerte face à une recrudescence de la grippe aviaire. Le ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation (MAPA) a réagi en ordonnant, dès le lundi 10 novembre, le confinement obligatoire de toutes les volailles élevées en plein air dans les zones considérées comme les plus vulnérables. Cette décision fait suite à une augmentation significative des infections détectées ces dernières semaines, tant chez les oiseaux sauvages que chez les volailles.
Selon les données fournies par ADIS, entre le 1er juillet et le 5 novembre 2025, un total de 139 foyers de grippe aviaire hautement pathogène (IAHP) ont été identifiés chez les volailles, contre 708 chez les oiseaux sauvages et 33 chez les oiseaux captifs. La surveillance épidémiologique révèle une tendance à l’accélération de la propagation du virus.
« Ces dernières semaines, on a constaté une augmentation du nombre de cas détectés, tant chez les oiseaux sauvages que chez les volailles, ce qui indique une tendance à l’aggravation de la situation », a souligné le ministère espagnol dans un communiqué de presse publié mercredi.
Les zones les plus exposées, identifiées dans le Bulletin Officiel de l’État (BOE), se concentrent principalement le long des principaux couloirs migratoires et des zones côtières, où les oiseaux sauvages et les élevages de volailles sont susceptibles de se croiser. L’Andalousie, la Communauté valencienne et la Catalogne sont particulièrement concernées, en raison de la forte densité de communes touchées, notamment dans les environnements de marais, les zones humides et les deltas fluviaux tels que Doñana, le delta de l’Èbre ou l’Albufera – des espaces d’une importance cruciale pour la biodiversité et la présence constante d’oiseaux aquatiques.
Les zones agricoles et périurbaines, caractérisées par une forte activité d’élevage et de logistique, sont également considérées comme des points de risque, en raison de la facilité avec laquelle le virus peut circuler entre les oiseaux domestiques et sauvages. Par ailleurs, des régions intérieures comme l’Aragon, la Castille-et-León et une partie de la Castille-La Manche présentent également un risque en raison de leur proximité avec les zones humides, les canaux d’irrigation et les routes migratoires traversant la péninsule en direction de la France.
Des provinces comme Huesca, Saragosse, Palencia et Zamora affichent une forte concentration de localités classées à risque, ce qui témoigne de leur rôle de plaque tournante pour le transit des oiseaux empruntant les routes migratoires atlantiques et méditerranéennes. Des enclaves stratégiques des Îles Baléares, de la Galice, du Pays Basque, de la Murcie, de Ceuta et de Melilla sont également concernées, confirmant une répartition large et multicentrique du risque qui couvre la quasi-totalité du territoire péninsulaire et insulaire.
Face à cette situation, le MAPA a renforcé les restrictions dans les zones à risque et à surveillance particulière. L’arrêté entré en vigueur le 10 novembre 2025 vise à renforcer la biosécurité et à freiner la propagation du virus. Les mesures adoptées comprennent :
- Suppression des dérogations en matière de biosécurité : Les autorisations accordées dans les réglementations précédentes sont annulées. Il est désormais interdit d’utiliser des oiseaux des ordres des Ansériformes et des Charadriiformes comme leurres, ainsi que d’élever en commun des canards et des oies avec d’autres espèces en liberté.
- Interdiction de l’élevage de volailles en plein air : Les oiseaux doivent être maintenus dans des installations fermées. Dans les cas où cela n’est pas possible, l’autorité compétente peut autoriser un maintien à l’extérieur à condition que des mesures de protection strictes (telles que des filets anti-oiseaux) empêchent tout contact avec les oiseaux sauvages. L’alimentation et l’abreuvement doivent également se faire à l’intérieur ou dans des abris protégés.
- Contrôle de l’utilisation de l’eau potable : L’eau des réservoirs accessibles à la faune ne peut être administrée aux oiseaux que si elle a été traitée pour garantir l’inactivation du virus. Les réservoirs extérieurs, lorsque nécessaires au bien-être animal, doivent être suffisamment protégés contre la sauvagine.
- Interdiction des rassemblements d’oiseaux : La présence de volailles ou d’oiseaux captifs est interdite dans les centres de concentration d’animaux, les concours d’élevage, les foires, les expositions, les célébrations culturelles ou tout autre rassemblement extérieur. Des autorisations ne seront accordées que si une évaluation des risques, avec un résultat favorable, est réalisée par l’autorité compétente.
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