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Dans le sud-ouest, quatre entreprises sur dix se sentent fortement affectées par les restrictions chinoises à l’exportation de terres rares

Publié le 13 novembre 2025 à 19h06. Les restrictions chinoises sur l'exportation de terres rares pèsent de plus en plus sur les entreprises du Sud-Ouest de l'Allemagne, avec des conséquences sur les délais de livraison, les prix et…

Dans le sud-ouest, quatre entreprises sur dix se sentent fortement affectées par les restrictions chinoises à l’exportation de terres rares

Publié le 13 novembre 2025 à 19h06. Les restrictions chinoises sur l’exportation de terres rares pèsent de plus en plus sur les entreprises du Sud-Ouest de l’Allemagne, avec des conséquences sur les délais de livraison, les prix et même l’annulation de commandes.

  • Près de 85 % des entreprises interrogées ressentent déjà les effets des restrictions chinoises.
  • La majorité des entreprises sont indirectement dépendantes de ces matières premières, même si elles ne les utilisent pas directement.
  • Les entreprises réagissent en constituant des stocks, recherchant de nouveaux fournisseurs ou explorant des matériaux alternatifs.

La Chine domine largement le marché mondial des terres rares, contrôlant plus de 90 % de la production. Pékin avait déjà mis en place des restrictions à l’exportation en avril, qui ont été temporairement étendues en octobre. Bien que certaines mesures aient été assouplies récemment, des limitations significatives demeurent en vigueur, créant une incertitude croissante pour les industries européennes.

Une récente enquête menée par wvib Schwarzwald AG révèle l’ampleur des difficultés rencontrées par les entreprises de la région. 39 % des entreprises interrogées estiment être gravement ou très gravement touchées par ces restrictions, tandis que seulement 15 % n’ont pour l’instant ressenti aucun impact. Les conséquences se traduisent par des allongements des délais de livraison, une augmentation des prix et, dans certains cas, l’annulation pure et simple de commandes.

Les secteurs industriels qui dépendent des métaux et alliages pour la fabrication d’aimants, de moteurs ou de semi-conducteurs sont particulièrement vulnérables. Cependant, la dépendance est plus large qu’il n’y paraît : 72 % des entreprises interrogées transforment des produits qui dépendent indirectement de la disponibilité des terres rares. Le néodyme, utilisé dans les aimants hautes performances, ainsi que l’yttrium, le samarium et le gallium sont cités comme des éléments particulièrement critiques.

Face à cette situation, les entreprises adoptent diverses stratégies pour atténuer les conséquences. 38 % d’entre elles se concentrent sur la constitution de stocks, 13 % cherchent à diversifier leurs sources d’approvisionnement et 5 % étudient la possibilité de recourir à des matériaux de substitution. Environ 30 % des entreprises n’ont pour l’instant pris aucune mesure, sans que l’enquête ne précise si cela est dû à un manque de moyens ou à une évaluation de l’inutilité de telles démarches.

L’efficacité de ces mesures est perçue de manière variable : 17 % des entreprises les jugent très efficaces, 57 % assez efficaces, 17 % peu efficaces et 10 % totalement inefficaces. Les perspectives d’amélioration sont sombres : seulement 8 % des entreprises interrogées s’attendent à une amélioration de la situation à long terme. Une majorité (51 %) prévoit une stagnation, tandis que 41 % craignent même une détérioration supplémentaire.

« La Chine utilise son quasi-monopole sur les terres rares comme un atout majeur dans la guerre commerciale. Les conséquences se font clairement sentir au sein de wvib Schwarzwald AG. Même si certaines restrictions ont été levées il y a un an, le conflit fondamental n’est pas résolu et la dépendance continue de représenter un risque géopolitique. »

Dr. Christoph Münzer, Directeur général de wvib

Le Dr Münzer souligne la nécessité d’une stratégie européenne coordonnée pour garantir l’accès aux matières premières critiques. Il insiste sur l’importance d’éviter les subventions et de promouvoir un commerce libre et équitable, fondé sur des règles du jeu transparentes. « Les conflits commerciaux ne font que créer des perdants à long terme », conclut-il.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.