Publié le 14 novembre 2025 12:18:00. La Cour suprême de justice du Mexique a tranché définitivement en faveur du Service d’administration fiscale (SAT) dans sept litiges fiscaux impliquant Grupo Elektra et TV Azteca, pour un montant total de près de 48,3 milliards de pesos (environ 2,7 milliards d’euros). Ces affaires, certaines datant de plus de 16 ans, illustrent une volonté de la justice de ne pas politiser les décisions fiscales.
- La Cour suprême a confirmé les décisions des tribunaux inférieurs, obligeant les entreprises à payer les impôts réclamés par le SAT.
- Il ne reste plus que deux affaires en suspens devant la Cour, concernant Nueva Elektra del Milenio et Totalplay, pour un montant de plus de 712 millions de pesos (environ 39 millions d’euros).
- Les décisions de la Cour créent un précédent juridique qui pourrait faciliter la résolution de litiges similaires.
En un peu plus d’une heure et trente-huit minutes, et sans délibération approfondie, la Cour suprême de justice de la nation (SCJN) a clos hier sept des neuf contentieux fiscaux opposant le SAT à Grupo Elektra et TV Azteca. Ces litiges, qui remontent jusqu’en 2008, étaient en instance de jugement devant la plus haute instance judiciaire mexicaine depuis plus de 18 mois. La rapidité de la décision et l’absence de débat public ont été remarquées, les magistrats ayant affirmé vouloir éviter toute « politisation » des affaires.
La séance plénière de la Cour a statué à l’unanimité en faveur du SAT, confirmant l’obligation pour les entreprises de régler les sommes dues au titre de l’impôt sur le revenu (ISR), des intérêts de retard, des pénalités et des majorations. Le montant total réclamé s’élève à 48 326 928 000 pesos (environ 2,7 milliards d’euros) pour les années 2008 à 2013. Deux affaires restent à juger : celles de Nueva Elektra del Milenio et de Totalplay, qui représentent un total de 712 millions de pesos (environ 39 millions d’euros) et seront examinées mercredi prochain.
Les sept litiges rejetés reposaient sur des contestations de Grupo Salinas, mais les magistrats ont estimé que ces contestations ne présentaient pas d’intérêt constitutionnel exceptionnel, la Cour suprême ayant déjà tranché des questions similaires concernant la loi ISR. Les arrêts rendus par la Cour constituent un précédent important pour les tribunaux de tous niveaux, ce qui devrait faciliter la résolution de litiges similaires, y compris ceux intentés par le même conglomérat contre les mêmes réglementations.
Selon des sources au sein de la SCJN, les magistrats avaient convenu de ne pas formuler de déclarations publiques susceptibles de politiser les décisions. L’affaire la plus longue à examiner – 26 minutes – concernait une contestation portant sur un montant de 33 306 476 349 pesos (environ 1,86 milliard d’euros) d’ISR, de pénalités et d’intérêts pour l’exercice 2013. Après avoir résolu une question subsidiaire, la Cour a rejeté la contestation, confirmant ainsi la décision du ministère des Finances.
Le ministre rapporteur, Arístides Guerrero García, a souligné que la Cour avait déjà statué sur des questions similaires. Il a rappelé qu’en 2023, la deuxième chambre de la Cour avait refusé d’examiner l’affaire en raison de son manque d’importance dans le cadre de la consolidation fiscale, et que le vingtième tribunal collégial avait également rejeté la contestation en 2024.
« Cette affaire, étant donné qu’elle est du domaine public, a été largement débattue ; dans ce cas particulier, 28 recours ont été lancés. »
Hugo Aguilar Ortiz, président de la Cour suprême
Au cours des cinq dernières années, Grupo Salinas a déposé 102 recours de divers types (oppositions, protections, réclamations, conflits de juridiction) dans le but de retarder la résolution de ces litiges fiscaux. Récemment, le groupe a même tenté de faire récuser les neuf magistrats et de reporter les décisions.
La Cour a également tranché les litiges concernant les crédits d’impôt de 2008 à 2012 pour Elektra, ainsi que deux contestations de TV Azteca portant sur des sommes de 2 447 748 540 pesos (environ 136 millions d’euros) pour 2009 et de 2 615 750 783 pesos (environ 145 millions d’euros) pour 2013.
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