Publié le 14 novembre 2024 08h48. Les États-Unis ont approuvé une vente d’armes à Taïwan d’une valeur de 330 millions de dollars (environ 300 millions d’euros), la première transaction de ce type sous l’administration Trump, dans un contexte de tensions croissantes avec la Chine.
- Washington autorise la vente de pièces détachées et de services de maintenance pour les avions militaires taïwanais.
- La Chine a fermement condamné cette décision, la considérant comme une violation de ses intérêts fondamentaux.
- Taïwan renforce ses capacités de défense face aux pressions militaires chinoises, notamment les incursions répétées dans sa “zone grise”.
Cette vente, qui comprend des composants non standard, des pièces de rechange et une assistance pour la réparation des avions F-16, C-130 et des chasseurs de défense indigènes (IDF), vise à maintenir l’opérabilité de la flotte aérienne taïwanaise. L’Agence américaine de coopération en matière de sécurité et de défense a annoncé que cette transaction devrait être effective d’ici un mois.
Selon le Pentagone, cette mesure permettra à Taïwan de mieux faire face aux “menaces actuelles et futures”. Le ministère taïwanais de la Défense a précisé que ces pièces contribueront à renforcer les défenses aériennes de l’île et sa capacité à répondre aux pressions chinoises, notamment les incursions dans la “zone grise” – des activités militaires destinées à intimider Taïwan sans déclencher un conflit ouvert.
La porte-parole du bureau présidentiel taïwanais, Karen Kuo, a souligné l’importance de cette coopération sécuritaire :
« L’approfondissement de l’alliance de sécurité entre Taïwan et les États-Unis est un pilier fondamental pour la paix et la stabilité dans la région indo-pacifique. »
Karen Kuo, porte-parole du bureau présidentiel taïwanais
La Chine a réagi avec indignation, par l’intermédiaire de son porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lin Jian :
« La question de Taïwan est fondamentale pour les intérêts de la Chine et constitue la première ligne rouge à ne pas franchir dans les relations entre la Chine et les États-Unis. »
Lin Jian, porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois
Pékin revendique Taïwan comme une province renégate et n’exclut pas la possibilité d’utiliser la force pour la réunifier. Le gouvernement taïwanais, quant à lui, rejette ces revendications et affirme que seul le peuple taïwanais a le droit de décider de son avenir.
Les États-Unis, bien qu’ils ne reconnaissent pas officiellement Taïwan comme un État indépendant, sont son principal fournisseur d’armes et lui fournissent un soutien militaire essentiel. Washington est tenu par la loi de fournir à Taïwan les moyens de se défendre. Le président Lai Ching-te s’est engagé à augmenter les dépenses de défense de l’île face à la pression militaire croissante de la Chine.
Cette annonce intervient après une rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping en Corée du Sud fin octobre, où les deux dirigeants ont discuté de questions commerciales. Avant cette réunion, des inquiétudes avaient été exprimées à Taipei quant à la possibilité que Trump sacrifie les intérêts de Taïwan pour obtenir des concessions commerciales de la Chine. Trump avait auparavant affirmé que Xi Jinping lui avait assuré qu’il n’envahirait pas Taïwan tant qu’il serait au pouvoir.
Malgré sa propre industrie de défense, Taïwan reste fortement dépendante des armes américaines pour faire face à la supériorité numérique de l’armée chinoise en cas de conflit.
rml (afp, Reuters)
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