Publié le 14 novembre 2025 14:43:00. Les fils de mères diabétiques de type 1 présentent un risque accru de développer des problèmes cardiovasculaires dès le plus jeune âge, selon une nouvelle étude qui met en lumière des altérations précoces de la fonction vasculaire.
- Une étude révèle que les fils de mères atteintes de diabète de type 1 peuvent développer des lésions vasculaires avant même l’apparition de troubles métaboliques.
- Ce risque semble spécifique aux garçons, les filles ne présentant pas les mêmes signes d’atteinte vasculaire précoce.
- Les chercheurs identifient le stress oxydatif dans les cellules des vaisseaux sanguins comme un facteur clé de ces dommages.
Des chercheurs du Karolinska Institutet et de l’Université de Stockholm ont mené une étude approfondie pour comprendre les liens entre le diabète gestationnel de type 1 et la santé cardiovasculaire des enfants. Leurs travaux, combinant des études sur des animaux, l’analyse de données provenant de registres suédois et danois, ainsi qu’une étude clinique à petite échelle, ont révélé un phénomène inattendu : une vulnérabilité particulière chez les fils de mères diabétiques.
L’étude démontre que la fonction vasculaire de ces enfants est affectée dès le plus jeune âge, et ce, avant que des anomalies métaboliques ne soient détectables. Cette découverte remet en question les hypothèses antérieures sur le développement des maladies cardiovasculaires liées au diabète gestationnel.
« Nos résultats montrent que la fonction vasculaire est affectée avant même que le métabolisme ne change, ce qui remet en question les idées reçues »,
Qiaolin Deng, chercheur au Karolinska Institutet et à l’Université de Stockholm
Les chercheurs ont identifié le stress oxydatif, un déséquilibre entre la production de radicaux libres et la capacité de l’organisme à les neutraliser, comme un mécanisme potentiel responsable des lésions vasculaires. Le stress oxydatif se produit lorsque les cellules décomposent les nutriments pour produire de l’énergie, générant des radicaux libres qui peuvent endommager les cellules. Un système de défense naturelle existe, mais il peut être dépassé dans certaines situations, notamment en cas de maladie.
Cette découverte pourrait ouvrir la voie à de nouvelles stratégies de prévention des maladies cardiovasculaires dès l’enfance. Les premiers résultats suggèrent qu’une intervention précoce pourrait permettre de restaurer la fonction vasculaire chez les animaux affectés, offrant ainsi de nouvelles perspectives pour prévenir l’apparition de ces maladies à long terme.
« Nous constatons qu’une intervention précoce peut restaurer la fonction vasculaire chez les animaux concernés, ce qui ouvre de nouvelles possibilités pour prévenir la maladie plus tard dans la vie »,
Allan Zhao, doctorant au Karolinska Institutet et à l’Université de Stockholm
Les chercheurs prévoient de poursuivre leurs investigations pour mieux comprendre les effets à long terme du diabète maternel et, en particulier, les raisons pour lesquelles les fils semblent plus vulnérables que les filles.
Pour plus d’informations, vous pouvez consulter l’article scientifique publié dans Cell Reports Medicine.
*Le stress oxydatif survient lorsque nos cellules décomposent les nutriments pour créer de l’énergie. Cela génère une quantité de radicaux libres qui peuvent endommager nos cellules, mais nos cellules ont une défense naturelle contre ceux-ci. Si la défense devient insuffisante, ce qui peut arriver dans certaines maladies, et ne peut pas gérer tous les radicaux produits, cela peut causer un stress sur la cellule, ce qu’on appelle le stress oxydatif.
Pour aller plus loin
