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Trump assure qu’il a déjà décidé des prochaines étapes avec le Venezuela et le trafic de drogue

Publié le 15 novembre 2025 à 21h22. L'administration Trump maintient le suspense sur ses prochaines actions concernant le Venezuela, tout en affirmant des progrès dans la lutte contre le trafic de drogue dans les Caraïbes, une stratégie qui…

Trump assure qu’il a déjà décidé des prochaines étapes avec le Venezuela et le trafic de drogue

Publié le 15 novembre 2025 à 21h22. L’administration Trump maintient le suspense sur ses prochaines actions concernant le Venezuela, tout en affirmant des progrès dans la lutte contre le trafic de drogue dans les Caraïbes, une stratégie qui suscite le scepticisme et alimente les tensions avec Caracas.

  • Le président Trump affirme avoir pris une décision concernant sa politique vis-à-vis du Venezuela, sans en dévoiler les détails.
  • Washington a lancé l’opération « Lance du Sud » contre les « narcoterroristes », autorisant des frappes qui ont déjà fait plus de 70 morts.
  • Des sources européennes suggèrent que les États-Unis pourraient chercher à provoquer une réaction de Maduro, voire à le pousser à quitter le pouvoir.

L’administration américaine intensifie la pression sur le Venezuela, invoquant la lutte contre le trafic de drogue, mais sans clarifier ses objectifs à long terme. Le président Trump a déclaré vendredi soir avoir déjà pris une décision concernant l’avenir de ses actions vis-à-vis de Caracas, tout en se gardant de la révéler.

« Je ne peux pas vous dire ce que c’est, mais nous avons fait beaucoup de progrès avec le Venezuela en termes d’arrêt de l’entrée de drogues », a-t-il affirmé à bord d’Air Force One, selon des propos rapportés par Bloomberg. Ces déclarations interviennent alors que le président vénézuélien, Nicolás Maduro, a appelé les États-Unis à « arrêter la main folle de ceux qui ordonnent une guerre dans les Caraïbes », en réaction à l’opération lancée par Washington sous prétexte de lutter contre le narcotrafic.

Jeudi, le chef de la Maison Blanche avait autorisé le lancement de l’opération « Lance du Sud » contre les « narcoterroristes », un jour après le déploiement du porte-avions USS Gerald R. Ford dans la région. L’opération a déjà entraîné des frappes qui ont fait plus de 70 morts, selon des sources concordantes.

Si Trump considère Maduro comme un dirigeant « illégitime » et un chef de réseau de trafic de drogue, l’objectif précis de son intervention au Venezuela reste flou. Des sources proches de l’administration indiquent que des discussions ont eu lieu concernant l’avenir de Maduro et le contrôle des importantes réserves pétrolières vénézuéliennes, sans qu’un objectif final clair n’émerge.

Le New York Times a révélé que Trump avait abandonné des négociations concernant une proposition de Maduro d’accorder aux États-Unis des droits sur la quasi-totalité des réserves pétrolières du pays en échange d’une absence d’intervention militaire. La Maison Blanche a toutefois précisé que les négociations n’étaient pas totalement rompues.

Cette opacité alimente les spéculations sur une possible volonté de changement de régime, bien que le secrétaire d’État Marco Rubio ait assuré aux membres du Congrès que le renversement de Maduro n’était pas l’objectif affiché. Un responsable européen a confié que les États-Unis chercheraient à augmenter les tensions pour observer la réaction de Maduro, dans l’espoir qu’il quitte le pays ou soit capturé et extradé.

L’argument de la lutte contre la drogue est accueilli avec scepticisme par de nombreux experts. Trump a justifié les frappes militaires contre des navires soupçonnés de trafic de drogue en affirmant que la stratégie traditionnelle d’interception en haute mer avait été un échec. « Nous faisons cela depuis 30 ans, et cela s’est révélé totalement inefficace », a-t-il déclaré le mois dernier.

Pourtant, les garde-côtes américains ont annoncé avoir réalisé en 2024 un record de saisies de cocaïne, avec 225 tonnes interceptées. Malgré ce succès, Trump semble déterminé à remettre en question des décennies de politique antidrogue américaine.

Les vétérans de la lutte contre la drogue estiment que les ressources américaines seraient mieux utilisées en intensifiant l’approche traditionnelle d’interception des navires de drogue plutôt qu’en les détruisant. Ils soulignent que les équipages des « narcolanchas » (petits bateaux utilisés pour le trafic de drogue) possèdent souvent des informations précieuses qui pourraient aider à démanteler les cartels et les réseaux de trafic. Comme le dit un proverbe, « Les morts ne parlent pas ».

Les garde-côtes américains mènent depuis des décennies des opérations d’interception de petits bateaux soupçonnés de trafic de stupéfiants, principalement de cocaïne provenant des jungles colombiennes. En collaboration avec des pays alliés et d’autres agences fédérales – la Drug Enforcement Administration (DEA), le Département d’État, le Département de la Justice et le Commandement Sud – leur objectif est d’infliger des pertes importantes aux trafiquants et de limiter l’afflux de drogue aux États-Unis.

Malgré des plaintes récurrentes concernant un manque de financement, cette campagne n’a jamais été aussi fructueuse. Dans la plupart des cas, les trafiquants sont traduits en justice aux États-Unis, permettant de recueillir des informations précieuses sur les itinéraires de contrebande et les méthodes de production, en constante évolution, sans perte de vie humaine et à un coût moindre pour Washington.

Les experts soulignent que chaque frappe de missile est susceptible de coûter beaucoup plus cher que la cargaison de cocaïne transportée par chaque navire.

Agences AP et ANSA

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.