Home MondeL’Autriche étend la formation d’intégration obligatoire avec de nouveaux engagements et sanctions

L’Autriche étend la formation d’intégration obligatoire avec de nouveaux engagements et sanctions

by Clara Dubois

L’Autriche va renforcer ses exigences en matière d’intégration pour les réfugiés à partir de 2026, en introduisant un cursus plus long et une déclaration d’engagement formelle. Cette initiative gouvernementale vise à faire de l’intégration un processus actif et obligatoire, plutôt qu’une simple option.

À compter de début 2026, les cours d’intégration obligatoires pour les personnes bénéficiant de l’asile ou de la protection subsidiaire seront prolongés, passant de trois jours à cinq jours. Cette évolution fait suite à un projet pilote jugé « réussi » par le gouvernement, qui a constaté une augmentation de l’efficacité des sessions initiales, auparavant limitées à huit heures. Le nouveau programme, dont les détails finaux sont encore en cours de finalisation par la coalition au pouvoir, comprendra une « déclaration d’intégration » que chaque participant devra signer.

Selon Roland Goiser, directeur adjoint du Fonds autrichien d’intégration (ÖIF), le cursus de base se déroulera sur cinq jours consécutifs. Cependant, ce ne sera que le début du processus. Les réfugiés continueront de recevoir des invitations à des formations complémentaires pendant les trois années qui suivront, certaines de ces formations étant obligatoires. Ces ateliers porteront sur des thèmes tels que la prévention de la violence, l’égalité des sexes, et incluront des visites de lieux de mémoire liés à l’Holocauste ou des opportunités de bénévolat dans des associations locales.

Le contenu du nouveau cours de cinq jours sera structuré autour de quatre axes principaux : la langue allemande et l’éducation, le monde du travail et la responsabilité personnelle, l’État et la démocratie, ainsi que la sécurité et la coexistence, avec un accent particulier sur la lutte contre l’antisémitisme. Un dernier module sera consacré à l’engagement civique et à l’intégration dans la société autrichienne.

Pour garantir l’accessibilité, l’interprétation sera disponible en onze langues. La ministre de l’Intégration, Claudia Plakolm (ÖVP), a souligné que ces changements visent à clarifier les droits et les obligations des personnes en Autriche. « L’intégration n’est pas une invitation, mais une obligation », a-t-elle déclaré.

L’élément le plus significatif de cette réforme est l’introduction d’une déclaration d’intégration écrite. Les participants devront s’engager à respecter la dignité et les droits d’autrui, à traiter les femmes et les hommes sur un pied d’égalité, à s’impliquer dans la société autrichienne, à rejeter la violence, la discrimination et le racisme, à apprendre l’allemand, à rechercher un emploi et à respecter les valeurs et les traditions autrichiennes.

La signature de cette déclaration deviendra une exigence formelle. Selon Claudia Plakolm, le non-respect de cette obligation – que ce soit par l’absence au cours ou par le refus de signer la déclaration – pourra entraîner des sanctions, allant de la réduction des prestations sociales à des sanctions administratives, voire, dans les cas les plus graves, à la perte du permis de séjour.

Pour les réfugiés déjà présents en Autriche, ou ceux qui arriveront ultérieurement dans le cadre du regroupement familial, ce nouveau système impliquera un temps de formation plus long, des contacts plus fréquents avec les structures d’intégration et un lien plus étroit entre la résidence de longue durée et la participation active à la vie civique autrichienne.

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