La poésie, souvent perçue comme un art littéraire, révèle un potentiel thérapeutique insoupçonné lorsqu’elle est partagée dans un contexte médical. Une expérience récente illustre comment la lecture de poèmes peut créer un lien profond entre soignant et patient, favorisant un sentiment de bien-être mutuel.
Loin de se limiter à la page écrite, la poésie trouve ses racines dans la tradition orale, destinée à être prononcée et ressentie. Dans la Grèce antique, elle était fréquemment accompagnée de la musique d’une lyre, tandis que dans de nombreuses cultures autochtones, elle prend la forme d’incantations utilisées pour soigner les blessures émotionnelles. Ces pratiques mettent en évidence la puissance viscérale de la poésie, dont le rythme imite les battements du cœur et crée une connexion à la fois physique et spirituelle.
C’est dans cette perspective qu’une interaction particulière, décrite dans un récit poignant, a eu lieu au sein d’une unité de soins intensifs néonatals (USIN). L’expérience relate un moment d’intimité où une patiente nouveau-née, bercée par le rythme cardiaque de la personne qui lui lit des poèmes d’Emily Dickinson, semble trouver un réconfort profond.
Que la lecture se fasse à voix haute ou silencieusement importe peu. L’essentiel réside dans la « cadence des hymnes » du langage, qui résonne avec le rythme berçant et les rimes internes du poème de Dickinson – possiblement « Une fois de plus, ma colombe désormais déconcertée ». Cet effet apaisant, évoqué par l’image dickinsonienne d’« une colombe nichée », naît de l’entrelacement subtil de plusieurs connexions. La poésie devient alors une forme de contact peau à peau, reconnu pour ses bienfaits thérapeutiques sur les patients de l’USIN.
L’impact de cette approche poétique ne se limite pas au patient. La personne qui lit, profondément touchée par le lien créé avec le nourrisson, confie ressentir un sentiment de survie partagée : « Ensemble… nous survivons tous les deux ». Cette expérience souligne la capacité de la poésie à offrir un soutien émotionnel non seulement aux personnes soignées, mais également à ceux qui les soignent.
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