Publié le 19 novembre 2023 13h45. Plus de 15 millions de Chiliens sont appelés aux urnes ce dimanche pour des élections générales marquées par le vote obligatoire et une forte incertitude quant à l’issue du scrutin présidentiel.
- Le vote est obligatoire pour l’ensemble des électeurs inscrits, une première dans l’histoire du Chili.
- Aucun des huit candidats à la présidence ne devrait franchir la barre des 50,01% des voix, ce qui rendra un second tour le 14 décembre probable.
- Les sondages placent la communiste Jeannette Jara en tête, mais la lutte pour la deuxième place s’annonce serrée entre des candidats d’extrême droite.
Le Chili se rend aux urnes ce dimanche dans un contexte de lassitude électorale et de mécontentement envers le gouvernement actuel de Gabriel Boric. Outre l’élection présidentielle, les électeurs sont également appelés à renouveler le Sénat et la Chambre des députés. Près de 3 500 bureaux de vote ont ouvert leurs portes à 8h00 heure locale (11h00 GMT) et resteront ouverts jusqu’à 18h00 (21h00 GMT).
Les sondages donnent la communiste Jeannette Jara, ancienne ministre du gouvernement Boric, largement en tête avec environ 30% des intentions de vote. Cependant, la deuxième place est extrêmement disputée, avec une égalité entre José Antonio Kast et Johannes Kaiser, tous deux issus de l’extrême droite, autour de 20% des voix. C’est la première fois depuis le retour à la démocratie que deux candidats ouvertement favorables à l’héritage de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990) se présentent avec de telles chances. L’ancienne maire Evelyn Matthei, initialement favorite, semble avoir perdu du terrain et se positionne désormais en quatrième place.
La campagne électorale a été dominée par les préoccupations liées à la criminalité et à l’insécurité, malgré le fait que le Chili reste l’un des pays les plus sûrs d’Amérique latine, avec un taux d’homicides de 2,5 pour 100 000 habitants au premier semestre de l’année, selon les données officielles. Les trois principaux partis de droite ont promis une politique de fermeté envers la criminalité et un renforcement des contrôles aux frontières pour limiter l’immigration irrégulière.
Les analystes prédisent que, si Jeannette Jara parvient à se qualifier pour un second tour, elle aura peu de chances de remporter l’élection. Elle serait la première candidate de gauche et du centre-gauche à représenter l’ensemble de ces forces politiques lors d’une élection présidentielle, après avoir remporté les primaires ouvertes en juin dernier.
Le président Gabriel Boric a voté tôt ce dimanche dans sa ville natale de Punta Arenas, dans l’extrême sud du pays. Il est arrivé au bureau de vote vers 8h30 heure locale (11h30 GMT), accompagné de son père et de sa fille nouveau-née, Violeta. Après avoir voté, il a encouragé les Chiliens à participer à ce scrutin.
Les 15,6 millions d’électeurs sont appelés à élire l’ensemble de la Chambre des députés (155 sièges) et la moitié du Sénat. Les sondages suggèrent une progression significative du conservatisme, avec la possibilité d’une majorité dans les deux chambres du Parlement.
Ces élections se déroulent dans un climat de désaffection politique, après une série de scrutins successifs organisés depuis les manifestations massives de 2019 et en raison du faible taux d’approbation du gouvernement Boric, qui se situe autour de 30%. Depuis 2006, le Chili alterne entre des gouvernements de gauche et de droite, et aucun président n’a jusqu’à présent transmis le pouvoir à un successeur de la même orientation politique.
À ne pas manquer
