Home DivertissementLe court métrage « Rose » projeté au Festival du film du Coq d’or et des cent fleurs : réécrire l’histoire de « monter sur scène » et explorer le feu du patrimoine culturel immatériel

Le court métrage « Rose » projeté au Festival du film du Coq d’or et des cent fleurs : réécrire l’histoire de « monter sur scène » et explorer le feu du patrimoine culturel immatériel

by Antoine Girard

Publié le 16 novembre 2025 à 21h06. Le court métrage « Rose », présenté au 38e Festival du film du Coq d’or et des cent fleurs, explore la transmission d’un art ancestral, l’opéra Huai, à travers le regard de deux femmes et interroge la place des traditions dans la Chine contemporaine.

  • Le film met en lumière l’opéra Huai de Yancheng et la relation entre une maîtresse et son apprentie.
  • La réalisatrice Li Zhenyi a choisi Yancheng pour son attachement personnel à l’opéra « La légende du serpent blanc » et à l’ambiance unique de la ville.
  • « Rose » propose une nouvelle approche du patrimoine culturel immatériel en privilégiant les récits féminins et en explorant les émotions complexes liées à la transmission.

L’art de l’opéra Huai, originaire de la région de Yancheng, est au cœur du court métrage « Rose », projeté récemment au 38e Festival du film du Coq d’or et des cent fleurs. Le film suit le parcours d’une maîtresse et de son apprentie, confrontées aux défis de la transmission d’un savoir ancestral dans un monde en mutation. La réalisatrice Li Zhenyi a souhaité rendre hommage à cet héritage culturel immatériel en explorant les liens intimes qui unissent les femmes à cet art.

Pour Li Zhenyi, le choix de Yancheng n’est pas anodin. « Je suis une amatrice d’opéra, particulièrement de l’histoire de l’opéra de Huai « La légende du serpent blanc ». J’ai donc naturellement voulu aller à Yancheng, berceau de cet art, et y raconter une histoire unique », explique-t-elle. Au-delà de cette passion initiale, la réalisatrice a été touchée par l’omniprésence de l’opéra Huai dans la vie quotidienne des habitants de Yancheng. « J’ai réalisé que je voulais écrire non seulement sur l’opéra lui-même, mais aussi sur le lien émotionnel profond qui unit la ville à cet art. »

Yancheng a également surpris Li Zhenyi par son dynamisme et sa modernité. « Je ne m’attendais pas à ce que la ville soit aussi vivante et agréable à vivre. C’est un lieu propice à la détente et à la création », confie-t-elle.

Le film se distingue par son approche novatrice du patrimoine culturel immatériel. Plutôt que de se concentrer sur les aspects techniques ou historiques, « Rose » choisit de raconter l’histoire à travers le prisme des expériences féminines. Comme le souligne Li Zhenyi, « Toutes les histoires peuvent être racontées à nouveau d’un point de vue féminin ». Dans « Rose », les personnages féminins ne sont pas en compétition pour un rôle ou pour l’amour d’un homme, mais se soutiennent mutuellement dans leur parcours.

La réalisatrice explore les émotions complexes liées à la transmission du savoir.

« Pour le rôle de Maîtresse, il n’y a qu’un seul protagoniste, et l’alternance entre l’ancien et le nouveau Serpent Blanc est inévitable – la solitude du départ, le bonheur de voir son disciple progresser et la satisfaction de transmettre son art. C’est une émotion extrêmement complexe. »

Li Zhenyi, réalisatrice

Elle préfère mettre en scène une transformation douce et progressive, où les femmes s’épanouissent en s’entraidant. « Les femmes ont un talent particulier : celui de se reconnaître dans les autres. En aidant l’autre à grandir, elles grandissent elles-mêmes », affirme-t-elle.

Cette philosophie se reflète également dans l’équipe de tournage, où les femmes étaient majoritaires. « Leur soutien a été essentiel à la réalisation de ce film. Je voulais donc rendre hommage non seulement à l’esprit de Yancheng, mais aussi à la force féminine », précise Li Zhenyi.

L’esthétique du film est volontairement onirique et poétique, afin de traduire les souvenirs et les émotions subjectives du personnage principal. L’équipe a utilisé des techniques de montage et de prise de vue originales pour créer une atmosphère immersive et envoûtante. Des plans symboliques, comme celui où la maîtresse applique le maquillage à son apprentie, sont chargés d’émotion et de sens.

« Dans ce regard, on condense la réticence, la confusion et la détermination. C’est un transfert spirituel silencieux mais grandiose. »

Li Zhenyi, réalisatrice

« C’est à votre tour maintenant ! » Cette phrase, qui clôt le film, est à la fois un appel à la transmission de l’opéra Huai et un encouragement à chaque individu à prendre sa place dans la vie et à assumer son destin. « Xiao Qing ne sera pas toujours Xiao Qing », rappelle Li Zhenyi. Elle espère que « Rose » inspirera chacun à trouver sa propre lumière et à oser « monter sur scène ».

Zhou Xian, journaliste au Xinhua Daily.

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