Publié le 17 novembre 2025 à 04h15. Telefónica prévoit de lancer une nouvelle vague de suppressions de postes en Espagne, touchant potentiellement jusqu’à 7 000 employés, dans le cadre d’un plan d’austérité visant à améliorer sa rentabilité et à préparer l’avenir.
- Telefónica va informer les syndicats (UGT, CC OO et Sumados-Fetico) de son intention de procéder à un nouveau plan de restructuration (AVANT).
- L’entreprise vise à réduire ses coûts et à améliorer son efficacité, conformément à son plan stratégique 2026-2030.
- Le nombre de suppressions de postes pourrait se situer entre 6 000 et 7 000, mais ce chiffre est susceptible d’évoluer lors des négociations.
La direction de Telefónica a convoqué les représentants syndicaux pour ce lundi afin d’annoncer officiellement son intention de mettre en œuvre un nouveau plan de réduction des effectifs. Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de discipline financière, essentielle selon l’entreprise pour assurer sa pérennité et répondre aux exigences du marché. L’État espagnol, principal actionnaire de l’opérateur, sera indirectement impliqué dans le financement de ce plan.
Contrairement au précédent plan social de 2024, qui avait initialement prévu 5 124 suppressions de postes pour se solder finalement par 3 421 départs, cette nouvelle vague d’ajustements devrait toucher un périmètre plus large. Outre les filiales traditionnelles (Telefónica España, Móviles y Soluciones), le plan pourrait également concerner Movistar+, Telefónica Global Solutions, Telefónica Innovación Digital et même le siège social de l’entreprise.
L’entreprise souhaite accélérer le processus afin de comptabiliser les coûts liés à ce plan de restructuration dans ses résultats financiers de l’exercice en cours. La procédure prévoit une phase de négociation de 30 jours avec les syndicats UGT, CC OO et Sumados-Fetico, qui avaient déjà signé l’accord de 2024. Un climat de dialogue constructif semble régner, renforcé par la signature d’un accord social global en octobre dernier, unifiant les droits de l’ensemble du personnel en Espagne.
Les syndicats devraient se concentrer sur l’amélioration des conditions de départ, en visant des modalités au moins équivalentes, voire supérieures, à celles du plan de 2024. Ce dernier prévoyait notamment des départs volontaires et des retraites anticipées pour les employés de 56 ans et plus ayant au moins 15 ans d’ancienneté, avec une indemnité variable en fonction de l’âge et une prime à la démission de 10 000 euros. Des garanties sociales, telles que le maintien des cotisations de sécurité sociale pendant le chômage et une assurance collective, étaient également prévues.
Telefónica a déjà provisionné environ 1,3 milliard d’euros (avant impôts) pour couvrir les coûts du plan social de 2024, soit environ 380 000 euros par salarié. Si le nouveau plan devait atteindre une ampleur similaire, les dépenses pourraient grimper jusqu’à 2 milliards d’euros. Cependant, l’État espagnol bénéficie d’une « clause téléphonique » qui lui permet de récupérer une partie des coûts sociaux liés aux licenciements de travailleurs âgés, grâce à un accord spécial avec la Sécurité sociale.
La direction de Telefónica espère pouvoir imputer les coûts de ce plan de restructuration à l’exercice 2025, une année déjà marquée par des pertes nettes de 1,08 milliard d’euros en raison de la cession de plusieurs filiales en Amérique latine. Cette stratégie permettrait de présenter un bilan plus propre en 2026. Ce plan s’inscrit dans le cadre plus large du plan stratégique Transformer et grandir, qui vise une réduction des coûts de 2,3 milliards d’euros en 2028 à 3 milliards en 2030.
Cette annonce intervient dans un contexte politique délicat, l’État étant actionnaire majoritaire de Telefónica. La nomination de Marc Murtra à la présidence de l’opérateur, sur proposition de l’État, a suscité des critiques, notamment de la part de la ministre du Travail, Yolanda Díaz, qui s’est déjà élevée contre les plans sociaux massifs dans les grandes entreprises.
Ce nouveau plan de restructuration s’inscrit dans une longue tradition d’ajustements chez Telefónica, qui a réduit ses effectifs en Espagne de près de 80 % depuis sa privatisation en 1997. L’entreprise comptait 67 000 employés à l’époque et n’en emploie plus que 18 305 aujourd’hui.
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