Publié le 30 décembre 2023 20:43:00. Le Théâtre National Slovaque (SND) est secoué par une vague de licenciements au sein de sa troupe dramatique, suscitant l’indignation de ses artistes et des accusations de méthodes rappelant l’ère communiste.
- La direction du SND justifie ces suppressions de postes par la nécessité de réaliser des économies, une mesure qui touche l’ensemble des institutions publiques slovaques.
- Des acteurs de renom, dont Emília Vášáryová et Emil Horváth, dénoncent ces décisions comme étant arbitraires et motivées par des considérations politiques.
- La troupe dramatique, déjà réduite à 40 membres, pourrait subir de nouvelles pertes, ce qui, selon les artistes, menace la qualité et la diversité de la programmation.
La décision de la direction du SND de réduire les effectifs de sa troupe dramatique a provoqué une vive réaction au sein de la communauté théâtrale slovaque. L’actrice Emília Vášáryová, star du film Pelíšky, a annoncé que les membres de l’ensemble prévoient de manifester leur opposition à ces licenciements.
« On ne peut pas s’identifier à cela. D’un côté, nous entendons parler de consolidation, mais la consolidation dans un ensemble artistique est probablement autre chose. Nous allons certainement rencontrer nos collègues et protester. »
Emília Vášáryová, actrice
L’acteur Emil Horváth a été particulièrement virulent dans ses critiques, qualifiant cette initiative de “continuation du fonctionnement incompétent et politiquement unilatéral du ministère de la Culture”. Il évoque des “méthodes directives” qui lui rappellent les pratiques de l’époque communiste avant 1989.
« Tout d’abord, je considère cela comme une continuation du fonctionnement incompétent et politiquement unilatéral du ministère de la Culture. Je considère cela comme opportun et non conceptuel. Ces méthodes directives rappellent les pratiques communistes d’avant 1989. »
Emil Horváth, acteur
Horváth envisage même de démissionner du SND, bien qu’il précise que cette décision ne soit pas directement liée à la situation actuelle. Il dénonce une “animosité personnelle ou une vengeance” et s’inquiète de la dévalorisation d’une troupe qui connaît un grand succès auprès du public.
Richard Stanke, un autre acteur, estime que cette décision relève d’une véritable “liquidation” et d’une tentative de “démantèlement” de la troupe. Martin Huba a rappelé que le nombre de membres de la troupe dramatique était déjà passé de 67 à 40 et que, malgré cela, ils continuaient à assurer environ 45 représentations par mois sur trois scènes. Il juge le licenciement de cinq nouveaux membres “grossier, absurde et surtout suspect”.
Le directeur du SND a justifié ces mesures en invoquant la nécessité d’économiser de l’argent, une contrainte budgétaire qui affecte toutes les institutions de l’État. Il a affirmé que le SND considérait cette affaire, bien que “interne et médiatisée par les acteurs”, comme “pertinente”, selon le Journal de N.
Ces licenciements interviennent dans un contexte de tensions politiques et culturelles en Slovaquie, et soulèvent des questions sur l’indépendance des institutions artistiques et la liberté d’expression.

