Home SantéLe test sanguin qui pourrait guider les traitements personnalisés contre le cancer

Le test sanguin qui pourrait guider les traitements personnalisés contre le cancer

by Sophie Martin

Publié le 20 octobre 2025. Une simple analyse sanguine pourrait bientôt permettre d’adapter l’intensité de la chimiothérapie ou de l’immunothérapie pour les patients atteints de cancers colorectal et de la vessie, en fonction de la présence d’ADN tumoral circulant.

  • Un test sanguin analysant l’ADN tumoral circulant (ADNc) permet d’identifier les patients à haut ou faible risque de rechute après une intervention chirurgicale.
  • Les patients considérés comme étant à faible risque pourraient bénéficier de traitements moins agressifs, réduisant ainsi les effets secondaires.
  • Cette approche a démontré des bénéfices en termes de survie sans maladie et de survie globale dans des études récentes portant sur le cancer de la vessie traité par immunothérapie.

Des avancées significatives dans la lutte contre le cancer viennent d’être présentées, ouvrant la voie à une médecine plus personnalisée. Des chercheurs ont mis en évidence le potentiel d’un simple test sanguin pour affiner la stratégie thérapeutique chez les patients atteints de cancer colorectal et de la vessie.

L’analyse de l’ADN tumoral circulant (ADNc) – de minuscules fragments d’ADN tumoral présents dans le sang – permet d’évaluer le risque de rechute après une intervention chirurgicale. Une étude menée auprès de plus de 1 000 patients atteints d’un cancer du côlon de stade 3, et présentée lors de la réunion de la Société européenne d’oncologie médicale (ESMO 2025), a démontré l’efficacité de cette approche. Six semaines après l’ablation de la tumeur, les patients étaient classés en deux catégories : ceux chez qui l’ADNc n’était pas détectable, considérés comme étant à faible risque, et ceux chez qui il était présent, classés comme étant à haut risque.

La détection d’ADNc positif indique la présence d’une maladie résiduelle minime, c’est-à-dire un petit nombre de cellules cancéreuses non détectables par les méthodes d’imagerie classiques. Les résultats de ce test permettent alors d’ajuster l’intensité de la chimiothérapie.

Selon les données publiées dans la revue Nature Medicine, les patients identifiés comme étant à faible risque ont pu bénéficier de traitements moins agressifs, avec une réduction des hospitalisations et des effets secondaires tels que la neuropathie (atteinte nerveuse). De manière encourageante, cette approche n’a pas entraîné de diminution significative des taux de survie sans rechute.

Les résultats sont probants : 87 % des patients classés à faible risque sur la base des niveaux d’ADNc sont restés en rémission trois ans après l’intervention chirurgicale.

Une autre étude internationale, publiée dans The New England Journal of Medicine (NEJM), suggère que ce même test sanguin pourrait également guider le traitement par immunothérapie chez les patients ayant subi une intervention chirurgicale pour éliminer des tumeurs invasives de la vessie. Dirigée par le Dr Joaquim Bellmunt de l’Institut Dana-Farber, cette recherche a évalué l’efficacité de l’atezolizumab (Tecentriq) – un inhibiteur des points de contrôle immunitaires qui cible le PD-L1, une protéine présente sur les cellules cancéreuses et qui les rend plus visibles pour le système immunitaire – chez des patients sélectionnés en fonction de la présence d’ADNc dans le sang.

Les résultats ont révélé des améliorations significatives en termes de survie sans maladie et de survie globale chez les patients identifiés par ce test.

« C’est la première fois qu’un essai d’immunothérapie adjuvante démontre un avantage en matière de survie chez des patients sélectionnés par test d’ADNc. »

Dr Joaquim Bellmunt, Institut Dana-Farber

Ces découvertes représentent une avancée majeure vers une médecine plus personnalisée, offrant une méthode simple et non invasive pour adapter le traitement oncologique au profil biologique de chaque patient. Selon le Dr Bellmunt, le test ADNc permet de détecter une maladie résiduelle minime et d’identifier les patients qui pourraient bénéficier d’un traitement par atézolizumab après la chirurgie. Il suggère également que les patients avec un résultat négatif au test ADNc ont un faible risque de récidive et pourraient éviter des traitements inutiles.

Les agences réglementaires examineront ces données afin de déterminer si le traitement standard doit être modifié pour intégrer l’utilisation du test ADNc dans la prise en charge des patients atteints de ces cancers.

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