Publié le 18 novembre 2023. Des recherches récentes suggèrent que certains jeux d’entraînement cérébral pourraient stimuler des neurotransmetteurs clés et ainsi contribuer à ralentir le déclin cognitif lié à l’âge, bien que l’efficacité globale de ces jeux reste un sujet de débat.
- Des jeux axés sur l’attention et la vitesse de traitement, comme ceux proposés par BrainHQ, semblent augmenter les niveaux d’acétylcholine, un neurotransmetteur essentiel à la plasticité cérébrale.
- L’entraînement cérébral pourrait être un moyen de renforcer la « réserve cognitive », la capacité du cerveau à maintenir ses fonctions malgré le vieillissement ou les premiers signes de maladies neurodégénératives.
- Une approche combinée, incluant une alimentation saine, un sommeil suffisant, une activité physique régulière et une stimulation cognitive, est recommandée pour prévenir le déclin cognitif.
Longtemps considérés comme un moyen simple de préserver ses facultés mentales, les jeux d’entraînement cérébral sont de plus en plus scrutés par la communauté scientifique. Si leur popularité ne cesse de croître – avec des titres comme Wordle ou les mots croisés devenant des passe-temps quotidiens pour de nombreux individus – leur efficacité réelle dans la prévention du déclin cognitif reste incertaine. Plusieurs études menées ces dernières années ont en effet abouti à des conclusions divergentes.
Le Dr Sanjay Gupta, correspondant médical en chef de CNN, expliquait récemment que
« Les mots croisés et les jeux de mots sont vraiment bons pour vous rendre plus compétent dans les mots croisés et les jeux de mots eux-mêmes. Les gens font souvent des exercices d’entraînement cérébral dans l’espoir de réduire leur risque de démence. En réalité, il n’y a pas beaucoup de données pour prouver qu’ils réduisent réellement le risque de démence. »
Dr Sanjay Gupta, correspondant médical en chef de CNN
Cependant, de nouvelles pistes de recherche émergent. Une étude clinique récente suggère que l’impact de l’entraînement cérébral sur le ralentissement du déclin cognitif pourrait dépendre du type de jeu et de son influence sur certains neurotransmetteurs présents dans le cerveau.
Les jeux qui mettent l’accent sur l’amélioration de l’attention et de la vitesse de traitement, tels que « Double Decision » et « Freeze Frame » développés par BrainHQ, semblent favoriser le maintien des niveaux d’acétylcholine. Ce neurotransmetteur joue un rôle crucial dans le fonctionnement cérébral. Selon l’auteur principal de l’étude, Etienne de Villers-Sidani, professeur au Département de neurologie et de neurochirurgie de l’Université McGill à Montréal,
« L’acétylcholine est à la fois un neurotransmetteur « excitateur » et un neuromodulateur qui « agit comme un interrupteur pour rendre le cerveau plus alerte, plus concentré et plus attentif ». »
Etienne de Villers-Sidani, professeur à l’Université McGill
Le Dr Michael Merzenich, professeur émérite à l’Université de Californie, précise que l’activation de l’acétylcholine modifie l’activité de l’ensemble du cerveau. Figure de proue dans le domaine de la neuroplasticité, le Dr Merzenich, avec deux autres scientifiques, a reçu le prix Kavli en neurosciences en 2016 pour sa découverte fondamentale : le cerveau adulte est capable de se modifier, de s’adapter et de créer de nouvelles connexions neuronales tout au long de la vie. Cette découverte a remis en question l’ancienne croyance selon laquelle le cerveau ne pouvait plus changer après le début de l’âge adulte.
Selon le Dr Merzenich,
« Il s’agit de la première étude chez l’homme à documenter la régulation positive de l’acétylcholine, qui est essentielle au maintien de la plasticité cérébrale au cours du vieillissement. »
Dr Michael Merzenich, professeur émérite à l’Université de Californie
Cette régulation positive permet aux cellules d’ajouter davantage de récepteurs pour le neurotransmetteur, augmentant ainsi leur capacité à y répondre. Le Dr Merzenich ajoute que
« Il s’agit d’une étude importante car l’entraînement a un impact sur tout le cerveau, sans se limiter aux processus spécifiquement entraînés. Nous parlons de changements chimiques et physiques fondamentaux qui ont un impact réel sur la santé du cerveau. »
Dr Michael Merzenich, professeur émérite à l’Université de Californie
Ces résultats viennent compléter les connaissances existantes sur la prévention du déclin cognitif, souligne le Dr Richard Isaacson, neurologue préventif et directeur de recherche à l’Institut des maladies neurodégénératives de Boca Raton, en Floride. Une alimentation équilibrée et nutritive, un sommeil suffisant et une activité physique régulière sont déjà reconnus pour renforcer la puissance cérébrale et la vitalité générale. La recherche montre également que stimuler le cerveau par de nouvelles activités peut renforcer la « réserve cognitive », c’est-à-dire la capacité du cerveau à maintenir ses fonctions malgré le vieillissement, les dommages ou les premiers stades d’une maladie.
L’entraînement cérébral pourrait donc contribuer à développer cette réserve cognitive, selon le Dr Isaacson. Il conclut que
« Il n’existe pas de pilule magique pour prévenir la démence, mais une combinaison d’interventions peut aider les gens à jouer un rôle actif dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer. Sur la base des données scientifiques disponibles, je recommande ce test BrainHQ dans le cadre d’un plan de stimulation cognitive, ainsi que d’activités comme l’apprentissage d’une nouvelle langue, jouer d’un instrument de musique ou essayer un nouveau passe-temps comme la danse ou la photographie. »
Dr Richard Isaacson, neurologue préventif et directeur de recherche à l’Institut des maladies neurodégénératives de Boca Raton