Publié le 18 novembre 2025 à 21h12. La COP30, qui se tient pour la première fois au cœur de l’Amazonie brésilienne, a déjà abouti à des premiers accords, mais l’épineuse question du financement des engagements reste au centre des discussions cette semaine.
- Le Brésil a présenté un ambitieux plan de financement climatique, notamment le Fonds Tropical Forests Forever (TFFF), visant à récompenser la conservation des forêts.
- La participation pleine et effective des communautés autochtones et la reconnaissance de leurs savoirs ancestraux sont au cœur des négociations.
- La transition énergétique, avec un accent sur les biocarburants, est un autre pilier des discussions, le Brésil proposant de quadrupler la production de carburants durables d’ici 2035.
La 30e Conférence des Parties (COP30) a démarré sur des bases prometteuses à Belém, au Brésil, avec des signes encourageants de progrès après quelques jours de négociations. Sous le thème « Discuter de l’Amazonie en Amazonie », ce sommet rassemble dirigeants mondiaux, militants, représentants des peuples autochtones et négociateurs, dans l’espoir de transformer les engagements pris en actions concrètes.
L’objectif affiché est de rompre avec les COP précédentes, souvent marquées par des promesses restées lettre morte en raison d’intérêts nationaux divergents. Le Brésil, en tant que pays hôte, entend insuffler une nouvelle dynamique et faire de cette édition un moment charnière dans la lutte contre le changement climatique.
Premiers accords à la COP30 au Brésil et perspectives pour la dernière ligne droite
Dès l’ouverture du sommet dans la ville amazonienne de Belém, le Brésil a dévoilé une feuille de route ambitieuse pour le financement de la lutte contre le changement climatique. Au cœur de cette proposition figure le Fonds Tropical Forests Forever (TFFF), un mécanisme novateur conçu pour récompenser financièrement les pays qui s’engagent à préserver leurs forêts, plutôt que de les pénaliser pour leur destruction. Estimé à 125 milliards de dollars (environ 115 millions d’euros), ce fonds vise à garantir des revenus stables aux nations qui protègent leurs écosystèmes forestiers.
Parallèlement, le Brésil insiste sur la nécessité d’un changement profond : passer des promesses aux actes. Dans son discours d’ouverture, le président Luiz Inacio Lula da Silva a souligné que cette COP ne doit pas se limiter à un simple diagnostic, mais constituer une opportunité de définir des voies réalistes vers une transition énergétique plus verte et plus équitable.
L’une des caractéristiques les plus innovantes du fonds forestier réside dans sa structure d’incitations claires. Selon la proposition, les pays qui maintiennent leurs forêts pourraient recevoir une prime d’environ 4 dollars (environ 3,70 euros) par hectare et par an, tandis que ceux qui continuent de déforester seraient confrontés à des pénalités plus importantes. Cela représente un véritable changement de paradigme : la forêt cesse d’être perçue comme un obstacle au développement et devient un atout mondial.

Inclusion, science et Amazonie ayant sa propre voix dans la transition énergétique
Un autre aspect essentiel de ces premiers jours a été la reconnaissance du rôle central des communautés autochtones et de leurs savoirs ancestraux. Le Brésil a plaidé pour que ce sommet ne soit pas uniquement un exercice diplomatique, mais une démarche véritablement inclusive. Il a ainsi insisté pour la participation pleine et entière des peuples autochtones à tous les organes décisionnels, conformément au principe de consultation libre, préalable et éclairée, tel qu’établi par la Convention n° 169 de l’OIT.
En outre, la science a été fortement encouragée comme fondement de l’action climatique. La présidence de la COP a diffusé des messages soulignant que cette édition doit être une « COP de la vérité », un espace où les données scientifiques se traduisent en politiques concrètes et solidaires.
Les priorités définies par le Brésil pour ce sommet – mise en œuvre, inclusion et innovation – ne sont pas de vains mots. Des engagements précis ont été pris pour impliquer les acteurs locaux, des communautés autochtones aux villes amazoniennes, et pour transformer la protection des forêts en une activité économiquement viable.
Sur le plan énergétique, l’un des premiers points de consensus concerne une forte relance des biocarburants. Le Brésil a proposé de quadrupler la production de carburants durables – tels que les biocarburants et autres dérivés écologiques – d’ici 2035, afin de réduire la dépendance aux combustibles fossiles, sans pour autant imposer un abandon progressif.
Cette stratégie vise à combiner atténuation et développement : promouvoir les sources renouvelables qui stimulent la bioéconomie tropicale tout en créant des opportunités pour les économies locales au sein même de l’Amazonie.
Qu’attendre de la dernière semaine de négociations ?
La COP30 entre dans sa phase finale, avec des pressions croissantes sur les ministres et les chefs de délégation pour qu’ils finalisent des accords ambitieux. L’agenda vise à conclure sur trois axes fondamentaux.
En premier lieu, le financement climatique sera une question cruciale. Bien que le TFFF ait suscité l’enthousiasme, des interrogations subsistent quant aux sources de financement supplémentaires, à la gouvernance du fonds et à l’engagement réel des pays les plus riches à contribuer à des ressources stables. La communauté internationale exigera des mécanismes transparents pour garantir que l’argent circule sans corruption et de manière équitable.
Parallèlement, la transition énergétique continuera de dominer les discussions. Les pays devraient négocier un engagement politique plus large pour accroître la production de carburants durables, en particulier de biocarburants, mais aussi d’hydrogène vert et d’autres dérivés. L’enjeu sera de définir comment coordonner cette transition avec la justice sociale et le développement des régions forestières.
De plus, l’inclusion des communautés autochtones ne sera pas qu’un symbole dans les discours : les négociateurs doivent traduire leurs revendications en actions concrètes. Les représentants des peuples autochtones veilleront à ce que leurs voix ne soient pas ignorées dans le processus décisionnel. Des débats animés sont donc à prévoir sur la manière de garantir leur pleine participation et de lier les connaissances traditionnelles à la science du climat.
Enfin, la science du climat et la vocation de la COP en tant que forum de vérité pourraient jouer un rôle déterminant. Des études actualisées sont attendues sur la capacité de l’Amazonie à absorber le carbone, sur les points de basculement des forêts et sur les conséquences d’un échec à stopper la déforestation. Ces rapports serviront de base aux négociations finales, incitant les États à s’engager sur des objectifs réels, et pas seulement ambitieux.
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