Publié le 13 décembre 2025 à 09h00. Une organisation caritative britannique dénonce un manque d’ambition de la COP30, qui s’est tenue en Amazonie, pour intégrer les enjeux liés à l’élevage intensif et à ses conséquences sur la déforestation et le climat.
- La COP30 n’a pas suffisamment pris en compte le rôle de l’élevage industriel dans la crise climatique.
- Plus de 300 lobbyistes de l’agriculture industrielle ont participé aux négociations climatiques.
- L’élevage de bétail est identifié comme le principal moteur de la déforestation en Amazonie.
Un mois après la clôture de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP30) à Belém, au Brésil, l’organisation World Animal Protection critique vivement le manque d’attention accordé à l’impact de l’élevage sur l’environnement et le bien-être animal. Selon elle, les négociations n’ont pas suffisamment abordé le rôle prépondérant de l’élevage intensif dans l’aggravation de la crise climatique et la création d’un système alimentaire de plus en plus fragile et inégalitaire.
L’ONG souligne que la COP30, organisée aux portes de la forêt amazonienne, a minimisé la question de la déforestation. Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), l’élevage de bétail – la forme d’agriculture animale la plus répandue au Brésil – est responsable d’environ 80 % de la déforestation dans la région.
Kelly Dent, directrice de l’engagement externe de World Animal Protection, a déclaré :
« Pour une COP organisée en Amazonie, il est bouleversant que la déforestation soit passée au second plan. La faune sauvage, les peuples autochtones et les communautés traditionnelles qui habitent la forêt méritaient mieux que cela. »
Kelly Dent, directrice de l’engagement externe, World Animal Protection
Elle a également souligné que le résultat de la COP30 ne répond pas aux besoins des animaux, des populations et de la planète. Selon elle, il est crucial de reconnaître que l’agriculture est un facteur majeur de la déforestation et que la réduction des forêts contribue à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre.
L’élevage est considéré comme la principale cause mondiale du changement climatique, dépassant même les émissions liées à la combustion des combustibles fossiles. Une étude récente de l’organisation Mighty Earth met en évidence le manque d’action des grandes entreprises de viande en matière de réduction des émissions de méthane.
World Animal Protection appelle à une transition vers des pratiques agricoles plus équitables, humaines et durables, capables de remplacer le modèle actuel de l’élevage industriel. Selon Kelly Dent :
« Des pratiques agricoles équitables, humaines et durables doivent remplacer le modèle agricole industriel destructeur. Ces solutions répondent non seulement à la crise climatique, mais mettent également un terme aux souffrances de milliards d’animaux piégés dans des élevages industriels. »
Kelly Dent, directrice de l’engagement externe, World Animal Protection
Par ailleurs, une enquête menée conjointement par DéSmog et The Guardian a révélé la présence de plus de 300 lobbyistes représentant l’agriculture industrielle à la COP30, dont un quart agissait en tant que membres d’une délégation nationale et six bénéficiaient d’un accès privilégié aux négociations.
Malgré un accès limité pour la société civile, les mouvements de défense des animaux ont réussi à faire entendre leur voix à travers des manifestations et des événements parallèles, dénonçant les pratiques des grandes entreprises agroalimentaires et promouvant des solutions pour réduire les émissions et protéger les animaux.
Pour la COP31, World Animal Protection appelle les gouvernements à soutenir une transition juste de l’élevage industriel vers des systèmes alimentaires plus durables et respectueux du bien-être animal. L’organisation insiste sur le fait que l’action climatique ne peut pas se limiter à la seule dimension humaine, car la santé des animaux et des écosystèmes est intrinsèquement liée à celle des populations.
La Commission européenne a salué certains succès de la COP30, estimant que les discussions ont démontré que le multilatéralisme pouvait encore produire des résultats, même en l’absence des États-Unis. Cependant, elle a également reconnu que des progrès supplémentaires étaient nécessaires et que le résultat de la conférence n’était pas à la hauteur des attentes de nombreux pays. Plus d’informations sur l’évaluation de la Commission européenne.
Enfin, la COP30, qui s’est déroulée du 10 au 21 novembre 2025, a mis en avant l’importance d’une approche équitable et inclusive de l’action climatique, en soulignant la nécessité d’une transition « juste ».
