Publié le 20 novembre 2024 à 16h30. La compagnie aérienne Ryanair a annoncé la suppression de toutes ses liaisons vers les Açores à partir du 29 mars 2026, invoquant des taxes aéroportuaires jugées trop élevées et un manque d’action de la part des autorités portugaises.
- Ryanair supprimera six routes desservant les Açores, entraînant la perte de 400 000 places par an.
- La compagnie accuse le groupe aéroportuaire français Vinci, exploitant les aéroports portugais via sa filiale ANA, d’appliquer des redevances excessives.
- Ryanair critique également la politique environnementale de l’Union européenne, qu’elle juge inéquitable et pénalisante pour les régions périphériques comme les Açores.
La décision de Ryanair intervient après une augmentation de 35 % des redevances aéroportuaires au Portugal depuis la pandémie de Covid-19, ainsi que l’introduction d’une taxe de voyage de 2 € par passager. Selon la compagnie, ces coûts supplémentaires la contraignent à réaffecter ses capacités vers des aéroports plus abordables en Europe.
Jason McGuinness, directeur commercial de Ryanair, a dénoncé une situation préjudiciable au tourisme et à l’emploi au Portugal, en particulier dans les îles. Il a souligné que les Açores, une région éloignée, allaient perdre ses liaisons directes à bas coût vers des villes clés comme Londres, Bruxelles, Lisbonne et Porto.
« Nous sommes déçus que le monopole aéroportuaire français ANA continue d’augmenter les redevances aéroportuaires portugaises pour se remplir les poches, au détriment du tourisme et de l’emploi portugais, en particulier sur les îles portugaises. En conséquence directe de cette hausse des coûts, nous n’avons eu d’autre alternative que d’annuler tous les vols aux Açores à partir du 29 mars 2026 et de déplacer cette capacité vers des aéroports à moindre coût ailleurs dans le vaste réseau du groupe Ryanair à travers l’Europe. »
Jason McGuinness, directeur commercial de Ryanair
Ryanair critique également le système européen d’échange de quotas d’émission (SEQE), qui impose des taxes sur les vols intra-européens mais en exempte les liaisons long-courriers vers les États-Unis et le Moyen-Orient. La compagnie estime que cette approche est anticoncurrentielle et pénalise les régions périphériques comme les Açores. Elle appelle Ursula von der Leyen à harmoniser les taux du SEQE avec ceux du CORSIA, un autre système de compensation des émissions.
La compagnie aérienne souligne que le monopole d’ANA au Portugal, sans concurrence réelle, lui permet d’augmenter les redevances aéroportuaires sans contrainte, contrairement à d’autres aéroports européens qui cherchent à stimuler la croissance en réduisant leurs tarifs. Ryanair réclame une intervention du gouvernement portugais pour garantir que les aéroports, en particulier dans les régions insulaires, servent l’intérêt général plutôt que celui d’un opérateur privé.
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